Durée : 1h40min.
Une chronique familiale à la fois légère et grave, douce et mélancolique, qui confirme l’éclectisme roboratif du cinéaste Olivier Assayas.
L’argument : C’est l’été. Dans la belle maison familiale Frédéric, Adrienne, Jérémie et leurs enfants fêtent les 75 ans de leur mère, Hélène Berthier, qui a consacré toute son existence à la postérité de l’oeuvre de l’oncle, le peintre Paul Berthier. La disparition soudaine d’Hélène, quelques mois plus tard, les obligera à se confronter avec les encombrants objets du passé. Cette famille, à l’apparence si heureuse, va-t-elle pouvoir rester unie ?
Notre avis : Cinéaste inclassable, Olivier Assayas n’en finit pas de surprendre. Après nous avoir fait fantasmer sur Asia Argento dans le très sensuel et très sous-estimé Boarding Gate, il revient avec L’heure d’été, une chronique en demi-teinte où la question du deuil est patiemment décortiquée. Ne pas se fier au style visuel plus conventionnel et au sujet a priori plutôt plombant : ce film porte bien la marque de son auteur. A travers une famille confrontée au deuil d’une mère, on assiste - souvent ému (mais une émotion subtile) - aux répercussions de ce décès sur tous les membres. Le chantage émotionnel prévisible est miraculeusement éludé et le sujet renvoie à des choses vécues par son aspect universel. Tout en discrétion, tout en sensibilité, Assayas révèle une vraie acuité à dépeindre la complexité de l’âme humaine et réussit à capter les émotions indicibles de ses personnages. Mieux, il parvient à tisser un vrai lien affectif entre le film et le spectateur. Remarquablement joué (excellent casting comprenant Juliette Binoche, Jérémie Rénier et Charles Berling) et scénarisé (situations qui échappent à tous les pièges mélodramatiques et au pathos gluant), L’heure d’été est un bel objet mélancolique. Suffisamment intense pour que l’on s’en réjouisse. Dans le cinéma franco-français actuel, disons-le : une authentique réussite.

Par Norman06
L’un des films les moins irritants d’Assayas. L’intimisme lui sied mieux que les élucubrations fantastico-policières (Demonlover) et les séquences à la campagne ont du charme, avec de gracieux mouvements de caméra. Mais la banalité des situations et des dialogues limitent le propos de l’entreprise, là où un Téchiné ou le Tavernier d’Un dimanche à la campagne distillaient une véritable émotion de cinéma.