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L’inconnu du Nord Express - la critique

Echange de mauvais procédés

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Note moyenne des internautes :

- Durée : 1h41mn
- Titre original : Strangers on a train
- Année de production : 1951

Impeccable modèle de suspense, ce polar typiquement hitchcockien parvient à marier efficacité commerciale et thématique chère au cinéaste avec une rare maestria.

L’argument : Un champion de tennis est abordé dans un train par un inconnu qui lui propose un étrange marché : il supprime sa femme encombrante si celui-ci se charge d’éliminer son propre père. Croyant avoir à faire à un fou, le tennisman ne lui prête aucune attention. Peu de temps après, sa femme est assassinée...

Notre avis : Après avoir connu un certain nombre de déceptions artistiques et commerciales avec ses œuvres récentes (La corde (1948), Les amants du Capricorne (1949) ou encore Le grand alibi (1950)), Alfred Hitchcock revient à un cinéma considéré comme plus grand public en adaptant un roman très célèbre de Patricia Highsmith dont le postulat de départ est profondément original puisqu’il s’agit d’un échange de meurtres entre deux hommes. Farley Granger incarne avec beaucoup de justesse un tennisman à la gentillesse un peu fade, tandis que Robert Walker se révèle être un interprète idéal du psychopathe qui harcèle ses proies (malheureusement, l’acteur est décédé la même année à cause d’une absorption d’un médicament auquel il était allergique). Très sobre, il déploie un humour sarcastique qui permet à Hitchcock de dynamiter un cliché fréquent à l’époque : effectivement, comme souvent chez le cinéaste, le meurtrier apparaît comme le personnage le plus attirant et sympathique, là où le héros semble davantage effacé.
Si le déroulement de l’intrigue suit un schéma résolument classique, le réalisateur ne se départit pas d’un style recherché, voire expérimental par instants. On se souviendra longtemps de ce meurtre filmé dans le reflet d’une paire de lunettes tombée au sol ou encore de cet implacable morceau de suspense qui se déroule lors d’une partie de tennis, avec un usage particulièrement brillant du montage alterné. Si l’on peut regretter l’aspect grandiloquent de la fin dans la fête foraine, avec notamment la séquence de film catastrophe autour du manège, L’inconnu du Nord Express (1951) demeure encore aujourd’hui un modèle de construction narrative et d’ingéniosité formelle. Jouant sans cesse avec le spectateur, Hitchcock prend un malin plaisir à brouiller les pistes. Ainsi, il s’acquitte parfaitement de sa tache en livrant un film purement commercial, tout en approfondissant sa thématique sur les frontières de la moralité et en expérimentant de manière audacieuse de nouvelles formes d’expression cinématographique. Véritable renaissance d’un auteur alors en perte de vitesse, ce polar réalise la synthèse entre l’expérience acquise en Angleterre et les exigences commerciales américaines, entamant ainsi la période créatrice la plus faste de son auteur.

Virgile Dumez


Les avis des internautes

 

> L’inconnu du Nord Express - la critique

Par Claude Rieffel

Film magistral en effet - un peu trop dans la scène du carrousel endiablé, c’est vrai. Le personnage joué par Farley Granger est-il vraiment fade ? Pour ma part, et au fil de nombreuses visions, je l’ai toujours trouvé - en dépit de son effacement apparent - encore plus énigmatique et troublant que son adversaire avec lequel il entretient une relation des plus complexes.

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