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La colline a des yeux

Le désert rouge

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- Durée : 1h29mn
- Titre original : Hills have eyes

Chair de poule assurée pour ce voyage au bout de l’enfer. Petite production pour grand talent.

L’argument : Une famille citadine décide d’aller en Californie en caravane. Elle doit passer par un désert inhospitalier et fait un détour pour aller visiter une mine. Malheureusement, elle tombe sur une horde de tueurs dégénérés assoiffés de sang.

Notre avis : Partant d’un fait divers assez ancien, le jeune Wes Craven confirme, avec ce deuxième long métrage, tous les espoirs placés en lui après le choc causé par l’horrible Dernière maison sur la gauche (1972), film où une jeune fille se faisait sauvagement violer. Cette Colline a des yeux (1977) appartient à un autre sous-genre des années 70, le survival. Initié par Délivrance (1972) de John Boorman, cette catégorie de films montre un groupe de personnages citadins en proie à la sauvagerie d’autochtones belliqueux. Le genre a donné d’autres fleurons du cinéma stressant des années 70 comme Massacre à la tronçonneuse (1974) de Tobe Hooper.
Plantant ses caméras dans le désert américain, Wes Craven, doté d’un budget absolument ridicule et d’une absence totale de scénario, réussit une petite performance en créant une tension palpable dès le début du métrage. Il faut attendre au moins quarante minutes avant que les premiers meurtres n’interviennent, mais le spectateur ne se lasse pourtant pas et est même déjà sous tension. Ceci grâce à un grand sens du mystère et à une mise en scène savamment étudiée pour ménager un suspense de tous les instants.
Le cinéaste donne vie à sa petite famille américaine lambda, limite réactionnaire. Il place le spectateur dans la même situation d’attente que ces citadins insouciants. Une fois que l’action se met en place, les scènes stressantes et volontairement saturées de bruits stridents, de cris et de fureur se succèdent à un rythme effréné, rendant la projection éprouvante. Comme dans la plupart des films de cette période, le degré de barbarie de l’ensemble choque encore aujourd’hui, époque du politiquement correct oblige. Même si cette œuvre n’est pas gore, on voit bien que le cinéaste ne se censure à aucun moment et prend un malin plaisir à jouer avec nos nerfs.
Evidemment, le film n’est pas sans défaut puisque l’interprétation n’est pas toujours excellente et bon nombre de plans sont ratés ou peu fignolés, ce qui s’explique par un tournage rapide et fort pénible pour toute l’équipe. On note aussi, de temps à autre, de petites chutes de tension. L’ensemble reste cependant tout à fait convaincant, et on aurait aimé que Wes Craven réussisse à maintenir ce niveau qualitatif durant toute sa longue carrière dans l’horreur. La barbarie lui allait si bien.

Virgile Dumez


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