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La comtesse - la critique

Sade, dis-moi

- Durée : 1h34mn
- Titre original : The countess

Julie Delpy signe un thriller historique étonnant qui parvient à renouer avec le style populaire du cinéma de quartier des années 60 tout en y ajoutant une réflexion pertinente sur l’Histoire.

L’argument : A la mort de son mari, la comtesse Elizabeth Bathory se retrouve à la tête d’un vaste domaine et d’une immense fortune. Aidée de sa confidente, la sorcière Anna Darvulia, Elizabeth étend progressivement son influence, suscitant chez chacun crainte, admiration et haine, pour devenir la femme la plus puissante de la Hongrie du 17ème siècle. Elle rencontre alors un séduisant jeune homme dont elle tombe éperdument amoureuse. Mais celui-ci l’abandonne. Certaine d’avoir été délaissée car elle n’était plus assez jeune et belle, Elizabeth sombre progressivement dans la folie et se persuade que le sang de jeunes vierges lui procurera jeunesse et beauté. Débute alors une série d’actes sanglants, à la recherche de la jeunesse éternelle.

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© BloodWorks

Notre avis : Toujours aussi insaisissable, l’actrice et réalisatrice Julie Delpy, après nous avoir agréablement surpris avec son premier opus au succès mérité (la comédie romantico-méchante 2 days in Paris), se lance dans un projet très ambitieux mélangeant film historique, romance et film d’horreur. En s’inspirant de la légende de la comtesse Bathory, contemporaine du comte Dracula, Delpy fait preuve d’une belle ambition en reconstituant la Hongrie du 17ème siècle et en entremêlant la légende et les événements historiques tels qu’ils auraient pu advenir. Grâce à différents niveaux de narration, le spectateur fait peu à peu connaissance avec une femme au comportement trouble, à la fois terriblement froide et antipathique, mais également fascinante par sa capacité à s’imposer dans un monde d’hommes. Avec un jeu à la fois frontal et ambigu, Julie Delpy incarne avec une hautaine arrogance cette femme en apparence très forte, mais qui sombre en réalité dans la folie la plus pure.

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© BloodWorks

Accompagnant son personnage jusqu’au bout de sa démence, la réalisatrice opère également un basculement progressif de son long-métrage vers l’horreur. Si le début du film se caractérise par un humour cruel salvateur, puis par une romance qui ne s’apparente jamais à une bluette sans intérêt, la suite des événements débouche sur une fable particulièrement cruelle (et parfois gore, vous êtes prévenus) qui évoque certains passages de Hostel 2, des ambiances déjà vues dans Les yeux sans visage, les délires sadiens d’un Mario Bava ou encore, à un moindre niveau, d’un Jesus Franco. Tous les amateurs de ce cinéma de quartier des années 50-60 seront donc aux anges, tandis que ceux qui s’attendent à une énième biographie historique compassée feront grise mine. Avec ce petit bijou de méchanceté brute, Julie Delpy affirme une fois de plus une personnalité forte à l’intégrité artistique sans faille. Si l’on peut légitimement lui reprocher quelques erreurs historiques ou bien le mélange hétéroclite d’acteurs européens qui doivent tous parler anglais (coproduction oblige), il faut mettre à son crédit l’audace avec laquelle elle traite son sujet, sans jamais perdre de vue la multiplicité des interprétations concernant cette femme au destin hors du commun.

Virgile Dumez

Biographie

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Les avis des internautes

 

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Par Jean-Patrick Géraud

Sans conteste, le film de Julie Delpy demeure le meilleur de cette année 2010. D’une froideur méthodique et implacable, le récit enchaîne les moments d’anthologie, nous conviant à une terreur latente, proche des films expressionnistes. Situé entre le mythe et l’histoire, La Comtesse est une plongée en apnée dans l’univers mental d’Elizabeth, sorte de Phèdre vampirique, tout droit surgie d’un conte. La mise en scène, très épurée, privilégie clairement l’intime à l’historique, si bien que le film échappe aux pesanteurs du genre. Delpy a (...)

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Julie Delpy nous surprend agréablement avec ce beau récit, cruel et ambitieux. L’actrice ne recule pas devant le caractère dérangeant, la grandeur tragique et la barbarie de son histoire, et s’offre un grand rôle (elle est superbe en comtesse Bathory). Mais quel dommage que la mise en scène soit si plate !

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