Sortie du blu-ray : 21 janvier 2012
Grâce à la fraîcheur de son jeune casting, cette adaptation du roman de Louis Pergaud s’impose comme un des plus beaux films sur l’enfance et ses jeux, parfois drôles et souvent cruels.
L’argument : C’est la rentrée des classes. Comme chaque année, les écoliers de Longeverne déclarent la guerre à ceux de Velrans. Mais cette année sera différente car le meneur d’une des deux bandes a une idée géniale : arracher tous les boutons et confisquer ceintures et bretelles des prisonniers.

Notre avis : Réalisateur de quelques petits films commerciaux au début des années 60, l’acteur Yves Robert exprime le souhait de porter à l’écran le roman de Louis Pergaud La guerre des boutons, réputé inadaptable puisque concentré sur les aventures d’une vingtaine de gamins. Après avoir fait en vain le tour des maisons de production, son épouse Danièle Delorme lui suggère de créer leur propre société nommée Les Productions de la Guéville. Avec l’aide d’une organisation basée sur le scoutisme, Yves Robert invite une centaine de gamins à venir dans sa propriété passer les vacances d’été, tout en tournant le long-métrage. Grâce à un casting impeccable et un réel sens de la direction d’acteur, Yves Robert réalise en un seul été un petit miracle sur pellicule. Aidé par le talent du scénariste et dialoguiste François Boyer, Yves Robert parvient même à éclipser dans la mémoire collective le livre de Louis Pergaud. Ainsi, les spectateurs se répètent depuis des générations maintenant des répliques cultes comme Si j’aurais su, j’aurais pas venu dite par Petit Gibus, alors qu’elles ne se trouvent pas dans le roman d’origine.

Si le film prend des libertés avec l’œuvre d’origine, il ne dénature jamais le propos de Pergaud et respecte l’esprit du livre. Ainsi, Yves Robert se concentre sur les aventures des enfants et fait des adultes des personnages périphériques qui ne sont là que pour punir les gamins (sauf l’instituteur, figure paternelle). Véritable ode à la nature, La guerre des boutons chante la beauté des paysages ruraux sans faire l’impasse sur la violence inhérente au monde paysan. Parfois cruel et même violent, le long-métrage s’immisce au cœur d’une lutte pour l’affirmation de soi et de sa communauté vis-à-vis de l’étranger (ici, le village voisin). Généralement considérée comme un simple film pour enfants, cette œuvre souvent très drôle et fraîche n’en contient pas moins un message politique clair : il y est question de différences sociales, de lutte pour l’égalité des droits républicains et d’une dénonciation légère, mais pertinente, d’une certaine éducation davantage centrée sur la punition et non la compréhension. Mais La guerre des boutons ne serait pas une éclatante réussite sans l’interprétation de gamins comme André Treton (magnifique Lebrac) et bien sûr Martin Lartigue en Petit Gibus (Yves Robert lui fera d’ailleurs jouer l’année suivante le rôle de Bébert et l’omnibus).

Sorti sans grande publicité par un distributeur américain (la Warner) qui n’y croyait pas plus que ses homologues français, La guerre des boutons est devenu un véritable phénomène de société en glanant pas moins de 9 959 601 entrées rien qu’en France (ce qui en fait le deuxième plus gros succès de cette année 1962 derrière Le jour le plus long).
Le blu-ray :
Une très belle édition aussi bien sur le plan technique qu’au niveau des suppléments.
Les suppléments :
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Outre la bande-annonce du film présentée sur la première galette, un deuxième disque permet de découvrir les trailers de nombreux films d’Yves Robert. Le reste des suppléments est constitué d’un documentaire d’une heure réalisé par Dominique Maillet intitulé La République des enfants. Cette succession d’entretiens avec les enfants qui sont désormais devenus des sexagénaires est passionnante en ce qu’elle révèle du talent d’Yves Robert. Outre la profusion d’anecdotes, on est ravi de retrouver ces gamins qui sont devenus grands et dont la vie a été irrémédiablement marquée par cette aventure exceptionnelle. L’ensemble est à la fois très instructif et poignant. Enfin, un module de dix-sept minutes nous permet de mieux connaître la vie et l’œuvre de Louis Pergaud. On appréhende ainsi mieux ses sources d’inspiration.
Image :
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Si l’on peut regretter le manque de profondeur des noirs lors des quelques séquences nocturnes, nettement moins performantes et victimes d’effets de rémanence, on ne peut que saluer le superbe état de conservation d’un master impeccable. Les scènes en plein jour (largement majoritaires) bénéficient d’une définition à couper au rasoir, d’une précision chirurgicale et d’une luminosité exceptionnelle. On n’a jamais vu le film dans des conditions aussi optimales.
Son
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Le film est proposé dans un mono labellisé DTS HD-Master Audio. Le résultat est tout à fait satisfaisant puisque l’on évite une spatialisation qui serait artificielle, mais l’on profite d’un mono plus percutant et dynamique, débarrassé du moindre souffle. Du bon boulot.