Durée : 1h54mn
Titre original : Da uomo a uomo
Année de production : 1967
Sortie du DVD : 12 janvier 2010
Ce grand classique du western spaghetti mérite sa réputation grâce à une réalisation impeccable et une musique inoubliable d’Ennio Morricone. Un grand moment de cinéma.
L’argument : Enfant, Bill est témoin du meurtre de ses parents par quatre criminels. Quinze ans plus tard, il commence sa quête de vengeance durant laquelle il croise le chemin de Ryan, repris de justice qui entend récupérer son argent auprès des mêmes criminels.
Notre avis : Après avoir signé un certain nombre de drames intimistes, le réalisateur Giulio Petroni se lance pour la première fois dans le western en 1967, année phare de ce sous-genre lancé quelques années auparavant par le succès des films de Sergio Leone et Sergio Corbucci. Doté d’un style bien plus proche du classicisme à l’américaine que du baroque propre à Leone, Petroni n’en signe pas moins un grand classique du genre. Dès la scène d’ouverture dominée par une ambiance pesante de film d’horreur, le spectateur sait qu’il va assister à un spectacle jubilatoire et d’une grande cruauté. Alors que la tempête fait rage, quatre tueurs s’introduisent dans une maison et massacrent une famille entière sous les yeux de leur petit garçon, le tout sur une musique effrayante de monsieur Ennio Morricone. Tétanisante à plus d’un titre et magnifiée par une superbe photographie de Carlo Carlini, cette séquence magnifique ouvre magistralement une œuvre qui ne cessera de nous surprendre par ses partis pris radicaux et la puissance évocatrice de ses images.
Evidemment, le scénario n’est pas d’une folle originalité et peut se voir comme un décalque de bon nombre de westerns de l’époque : la vision très cynique d’une élite locale gangrénée par l’argent sert ici davantage de prétexte que de réel sous-texte politique et le motif de la vengeance est un lieu commun récurrent de cette période. Pourtant, les relations étranges et ambiguës qui se tissent peu à peu entre les deux personnages principaux permet de donner une profondeur supplémentaire à un long-métrage plus porté sur l’action que sur la psychologie. On peut également regretter que John Phillip Law ne soit pas un acteur très charismatique, mais il est heureusement épaulé par quelques pointures du genre comme Lee Van Cleef (impeccable) ou encore Luigi Pistilli et Anthony Dawson, deux « gueules » inoubliables. Avec sa réalisation magistrale, son score d’anthologie et un nombre conséquent de séquences cultes, ce très gros succès du cinéma de genre italien mérite amplement son excellente réputation et peut aisément être classé parmi les incontournables du western. Du pur bonheur de cinéphile.
Le DVD

Si la qualité technique est très moyenne, le film est absolument indispensable pour tous les fans de western transalpin.
Les suppléments
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Outre la bande-annonce américaine mal recadrée, l’éditeur nous propose un petit module d’un quart d’heure où Jean-François Giré revient en détail sur la genèse du film, sur la puissance évocatrice de ses images et sur ses faiblesses, tout en évoquant son très gros succès en salle à l’époque.
Image
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Il est bien difficile de noter une telle copie tant elle est inégale. Effectivement, si les scènes en plein jour (fort nombreuses, heureusement) sont de toute beauté et bénéficient d’un master plutôt épargné par le temps, ce n’est absolument pas le cas des séquences nocturnes ou en basse lumière. Dès lors, un voile permanent s’invite sur l’écran et gache le plaisir ressenti durant la projection. Ce manque évident de contraste nuit sérieusement à la lisibilité de ces scènes pourtant cultes.
Son
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Si la version “originale” anglaise (et donc doublée) ne s’avère guère convaincante à cause d’ambiances trop étouffées, la version française paraît bien plus dynamique. Les doubleurs de l’époque s’en sortent plutôt bien, mais la sonorité est quand même très nasillarde. Assurément pas un modèle du genre.