Un mauvais film du dimanche soir, tout simplement.
L’argument : Eddie, Dov, Yvan et les autres… Nos chaleureux amis ont migré du Sentier moribond à la banlieue florissante d’Aubervilliers… Là où les vieux entrepreneurs juifs ont laissé le terrain à de jeunes grossistes chinois courageux et dynamiques… La petite bande est toujours aussi soudée, solidaire que lors des épisodes précédents, et la vie suit son cours, au gré des petits évènements familiaux et des affaires. Dov semble toujours frivole, Eddie entreprenant, Yvan transi, Karine désinvolte, Sandra résolue, Chochana naïve, Serge irresponsable et mythomane. Quant à Patrick, il est amoureux et l’heureuse élue est loin d’être facile d’accès. Tout irait pour le mieux jusqu’à ce qu’un vent mauvais apporte son lot d’adversité compromettant sérieusement la cohésion du groupe. Succomberont-ils sous l’orage à la zizanie, ou bien, une fois de plus, à force d’entraide, de ruses et d’habileté, triompheront-ils de la crise avec panache ?
Notre avis : Pourquoi pareille suite ? Elle est tellement tardive ! Le premier opus date des années 90, le deuxième, déjà pas terrible (mais bon, il a été vu par 7 millions de spectateurs) remonte à plus de dix ans déjà... A voir le résultat sans saveur ni savoir-faire de cet ersatz de Vérité si je mens où l’expression est répétée vingt fois pour nourrir la nostalgie d’une mode qui n’est plus, on se dit que seul l’aspect commercial a pu convaincre l’équipe vraiment en perte de vitesse, de se rabaisser à accepter ces retrouvailles de la dernière chance.
L’histoire est prétexte, les dialogues sont au rabais et la présentation des communautés (juives et chinoises) tellement stéréotypée qu’elle n’en est pas amusante. Quant à la mise en scène, apathique, elle est en plus diminuée par un découpage des plans ringards qui rend le spectacle assez pénible à voir. Reste donc les acteurs, l’essentiel du métrage puisqu’ils concentrent tout le capital de sympathie du public. Malheureusement les protagonistes qu’ils incarnent depuis plus d’une décennie et demie peinent eux-mêmes à exister dans l’intrigue principale, à savoir une histoire d’escroquerie qui les conduit à Shanghai pour une séquence carte postale avec un plan d’usine, quelques clichés de tours de nuit, et une scène dans un resto dont le comique se résumerait aux passages de la bande-annonce. Il faut en plus qu’on rajoute aux moments de complicités entre potes (où l’on ressent tout de même un minimum le plaisir des acteurs à jouer ensemble) des scènes inutiles avec leurs femmes. Celles-ci sont totalement transparentes ; on en vient, par exemple, à se demander à quoi sert le personnage d’Amira Casar, qui reprend ses études, puisqu’ici elle ne fait que exacerber toute la fadeur du personnage d’Anconina qui n’a rien à dire, où à faire pour justifier que 5 millions de spectateurs potentiels se précipitent pour suivre ses mésaventures collectives avec la police douanière.
Avec sa promo monstre et sa distribution spectaculaire sur 1000 copies, le carton est évidemment quasiment assuré, mais dans le passé de bien piètres navets ont prouvé leur capacité à battre des records sur le seul numéro 3 apposé au titre, Les Bronzés ou Astérix aux Jeux Olympiques pour n’en citer que deux. Une piste de réflexion à méditer pour les spectateurs qui ont sûrement mieux à faire que de répondre présent à tous les appels de pied d’une industrie française qui pourrait au moins soigner ses produits à l’instar des Américains qui sont tellement doués quand il s’agit de donner dans la répétition. Allez, il fait un froid polaire, peut-être vaudrait-il mieux rester chez soi et attendre la VoD prévue pour dans 3-4 mois, non ?
