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Cloclo - la critique

La perfection qui tue...

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Note moyenne des internautes :

Sublimée par une mise en scène virtuose, l’interprétation plus vraie que nature de Jérémie Renier enterre définitivement les craintes préconçues autour de Cloclo. Sur un rythme effréné, on assiste à 2 heures 30 de pur bonheur permettant de cerner le vrai visage de l’artiste aux multiples facettes.

L’argument : Cloclo, c’est le destin tragique d’une icône de la chanson française décédée à l’âge de 39 ans, qui plus de trente ans après sa disparition continue de fasciner. Star adulée et business man, bête de scène et pro du marketing avant l’heure, machine à tubes et patron de presse, mais aussi père de famille et homme à femmes… Cloclo ou le portrait d’un homme complexe, multiple ; toujours pressé, profondément moderne et prêt à tout pour se faire aimer.

Notre avis : Qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, Claude François a indéniablement marqué de son empreinte la variété française des années 60-70. En effet, il y a beaucoup à parier que même ses détracteurs les plus acharnés, ne serait-ce qu’une fois dans leur vie, se sont laissés emporter sur la piste de danse par le rythme entraînant de Cette année-là ou de l’indémodable et incontournable tube que constitue Alexandrie Alexandra. Cela situe à quel point l’éternelle icône de la chanson française résonne dans la mémoire collective... Mais qui se cache vraiment derrière la star polymorphe dont la mort prématurée n’a fait qu’accroître la légende qui l’entoure ? En s’écartant d’emblée de l’image inaugurale et caricaturale "strass et paillettes" du chanteur à midinettes qu’on lui prête, Cloclo tente de soulever un coin du voile en retraçant la chronologie de sa courte existence qui voit le jour de l’autre côté de la Méditerranée, en terre égyptienne puisqu’à cette époque son père est un haut responsable du transport maritime empruntant le canal de Suez. Tandis que la mère de Cloclo est enceinte de plusieurs mois, l’histoire prémonitoire de son garçon "unique" semble déjà inscrite en lettres dorées dans le marc de café... Au grand dam de son père, personnage autoritaire et psychorigide, qui subit un second revers personnel duquel il ne se relèvera jamais (après l’humiliation infligée par l’armée égyptienne, en 56, lors de la nationalisation du canal de Suez, synonyme de retour au bercail). N’ayant d’autre choix que de se résigner face à la décision de son fils de se lancer dans le monde du show biz, les deux hommes ne s’adresseront jamais plus la parole... L’entrée en matière se révèle déterminante pour saisir la véritable identité d’un être blessé au plus profond de sa chair par le manque d’amour paternel (dévoilé si l’on tend l’oreille dans "Le mal aimé"). Cette carence affective débouchera sur un perfectionnisme maladif face à tout ce qu’il entreprend (plus près de nous, Michael Jackson en est l’exemple même). Dès le moment où la célébrité lui est acquise, lors de sa première prestation à l’Olympia, Florent-Emilio Siri insuffle au film une allure insensée, menée tambour battant, pour mieux saisir l’homme pressé qu’il n’a jamais cessé d’être, continuellement en avance sur son époque. Cette frénésie dingue est quelque peu tempérée par des scènes intimistes mettant en lumière les zones d’ombre et les contradictions qui l’habitaient. Passionnant de bout en bout (tout classicisme étant évité), la mise en scène atteint des moments de grâce lors de deux longs plans-séquences ahurissants que n’aurait pas renié Orson Welles. Et que dire des bribes de concert en apesanteur... Mais la clé de ce pari fou absolument réussi tient à la distribution. Évidemment, le problème majeur (et il était de taille) consistait à dénicher un acteur qui correspond totalement à Claude François. Le résultat est proprement phénoménal tant Jérémie Renier s’approprie son personnage au point de littéralement le ressusciter ! Dans un souci d’authenticité, Florent-Emilio Siri réunit de parfaits inconnus autour de Jérémie Renier ; à l’exception de Benoît Magimel, quoique méconnaissable dans le rôle de Paul Lederman (l’imprésario de Cloclo). Plus d’un César paraît d’ores et déjà dans la poche comme celui du meilleur réalisateur, du meilleur acteur, du meilleur montage et du meilleur son... Comme d’habitude, Cloclo ne devrait laisser personne indifférent. Étant donné que tout ce qu’il touche se transforme en or, le succès s’annonce pharaonique !

Sébastien Schreurs


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Cloclo - la critique

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