Durée : 1h30mn
Titre original : Il trucido e lo sbirro
Titres français alternatifs : Le truand sort de sa planque, La mort en sursis
Un classique du polar bis italien porté par le charisme populaire de Tomas Milian, le talent visuel d’Umberto Lenzi et les répliques cultes de Dardano Sacchetti.
L’argument : Ce n’est pas parce qu’on s’appelle "Poubelle" qu’on est indécrottable. C’est ce que va prouver "Monnezza", prisonnier affublé de ce charmant surnom et engagé par un flic sans foi ni loi pour sauver une fillette d’un enlèvement. Très gravement malade, la petite Camille a besoin de soins médicaux réguliers pour survivre. Il faut donc d’urgence infiltrer la bande pour en tuer le chef, une brute d’une dureté sauvage. Seulement voilà, il y a un hic : cet homme a changé de visage et seule sa maîtresse sait le reconnaître...
Notre avis : Tomas Milian incarne pour la première fois Poubelle ("Monnezza"), un prisonnier minable trimballé par un flic peu orthodoxe à la recherche d’une gamine kidnappée par un redoutable et sanguinaire malfrat. Poubelle, c’est le antihéros sympathique, un mauvais garçon braillard et imprévisible affublé d’une perruque afro qui dépasse l’entendement. Il conquiert immédiatement la sympathie des spectateurs, grâce au charme indélébile du comédien, éternel ado au physique de zozo et au jeu excessif de rigolo, inlassablement employé dans le rôle de bad boy. Il excelle ici sous la caméra nerveuse d’Umberto Lenzi, l’un des rois du bis italien, qui signa, avant sa virée dans l’horreur dans les années 80, un bon nombre de polars ritals des plus haletants. S’employant avec le même talent que ses compatriotes à soigner la photo, la composition des plans et le montage, avec le même souci d’originalité (la première scène du film nous plonge dans un western avant que la caméra ne se retire pour nous dévoiler qu’il s’agissait en fait du spectacle que les prisonniers d’un pénitencier était en train de regarder), le cinéaste fait preuve d’un savoir-faire épatant. Sur un script nourri aux répliques cultes de Dardano Sacchetti, il étoffe son polar mafieux d’une bonne dose de courses poursuites efficaces et d’une bonne dose de méchanceté inhérente au genre du poliziottesco (meurtre gratuit, misogynie et agression verbale d’enfant à l’appui). Une réussite très datée seventies au charme italien indécrottable.
Le DVD
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Le(s) supplément(s) à ne pas manquer : Les bonus vont à l’essentiel avec une bande annonce d’époque remasterisée - un must quand on connaît le talent des monteurs italiens de ces années-là - et une interview d’une vingtaine de minutes du scénariste Dardano Sacchetti qui remet Le clan des pourris dans son contexte. On apprend ainsi que le personnage de Tomas Milian avait été baptisé Poubelle en hommage au Trash d’Andy Warhol sorti un mois avant l’écriture du scénario. Il revient également sur le regard négatif de Lenzi et des producteurs sur leur film en raison de son aspect humoristique. Des anecdotes, tout à fait passionnantes pour ceux qui s’intéressent un minimum au cinéma de genre italien.
Image & son : Une belle image en 2.35 dans une copie des plus nettes ; un beau son stéréo d’une grande pureté en version italienne ou en version française. Bref, du tout bon pour cette édition simple mais essentielle.