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Le magasin des suicides - la critique

Ridicule

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Note moyenne des internautes :

Au moment d’adapter le best-seller de Jean Teulé, et parce qu’il ne veut pas passer pour un nécrophile, Patrice Leconte n’embrasse pas son sujet. C’est plus hygiénique, mais c’est moins drôle.

L’argument : Imaginez une ville où les gens n’ont plus goût à rien, au point que la boutique la plus florissante est celle où on vend poisons et cordes pour se pendre. Mais la patronne vient d’accoucher d’un enfant qui est la joie de vivre incarnée. Au magasin des suicides, le ver est dans le fruit…

Notre avis : En cinéma comme en GRS, il ne faut pas confondre l’intention et l’exécution du geste. Par exemple, quand le cerceau d’une nymphette rythmique et sportive achève sa prometteuse parabole dans les molaires du juge hongrois, on sanctionne à contrecœur. De la même façon, quand Patrice Leconte nous promet de jeter son ruban noir sur l’animation française, on applaudit. Un pendu sera toujours plus réjouissant que le Lorax. Mais une belle idée ne fait pas un film, et Leconte n’a pas bien repassé son justaucorps. Chronique du hors-piste : Ce Magasin des suicides, vous l’avez déjà vu chez les autres, et assez fait souffrir votre carte bleue dans leurs boutiques pour ne pas vouloir vous payer sa contrefaçon dans l’entrepôt de destockage de Pat. Parce qu’en petite cousine appliquée de Tim Burton ou de Sonnenfeld (La famille Addams), la chose confond cirque morbide et éparpillement, passant de la comédie-musicale forcée au grand-guignol complexé, du petit décès solitaire à la belle mort fun, cherchant à tout suggérer et tout relativiser , tout dire et tout montrer (en gros, le suicide, c’est marrant, mais c’est très triste, mais c’est marrant) sans dépasser la singerie de faiseur et surtout sans desserrer la ceinture de sécurité, pas certaine de vouloir tomber dans un véritable mauvais esprit qui aurait pourtant pu lui sauver la mise. L’autocensure est la pire de toutes, la multiplication des points de vue annule le principe même de point de vue, et l’humour noir ne tolère pas le gris pâle. Croulant sous les dettes (le design des personnages barboté à Sylvain Chomet) mais visiblement incapable de prendre autre chose qu’une moustache - soyons sérieux, le patron de la boutique, c’est Gomez Addams - ou un décor de pharmacie expressionniste chez ses maîtres, étouffé par sa direction artistique inoffensive (notamment un simili-Paris des soupirs triste à crever, et une boutique évidemment rougeoyante, contre-cliché oblige), Le Magasin des suicides est une sorte de Noces funèbres de peintre en bâtiment : grossier, décontrasté de l’imaginaire (merci Garcimore), tremblant du script (tellement indécis qu’il enchaîne trois dénouements successifs) et frileux du sous-texte (mis à part les digressions incestueuses et les banderilles convenues sur la société de consommation, le film ne croit en rien, ni la mort, ni l’amour, ni l’amour de la mort).
D’ailleurs, Leconte a pris soin de ne pas incorporer la fin désespérée du livre de Teulé à son petit bazar des auto-meurtres, parce que c’est de la grande distribution monsieur, pas du cinéma de quartier. Il faut rire de tout, mais il ne faut pas rire dangereusement. C’est peut être là le vrai cynisme du film, coquetterie sans flamme déjà certaine de faire le tour des bouches cathodiques et des tables de Radio France, en s’appuyant aussi bien sur la réputation de Leconte –pourtant essoufflé depuis un bail - que sur sa petite insolence bien peignée ; soit une paire de béquilles qui ne sauveront pas la bête du formol, quand bien même on exigera que vous alliez vous réveiller la conscience au plus vite et en famille si possible. Résistez, ne soyez pas un juge hongrois.

François Blet


Les avis des internautes

 

Le magasin des suicides - la critique

Par roger w

Après un début un peu laborieux, Le magasin des suicides arrive peu à peu à trouver son ton, quelque part entre humour noir et comédie musicale. Les dessins biscornus sont plutôt réussis, certaines séquences semblent tout droit issues des meilleurs films de Leconte (début des années 90). On peut regretter par contre la faiblesse générale des chansons et de la musique. Le spectacle n’est pas désagréable du tout. Mais pas transcendant non plus.

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