Durée : 1h55mn
Titre original : The go-between
PALME D’OR, Cannes 1971
L’argument : Invité à passer quelques jours dans la propriété du riche Marcus Maudsley, Leo Colston, un jeune garçon d’origine modeste, est enchanté. Attiré par Marian, la fille aînée des Maudsley, Leo accepte de devenir le complice et le messager de la jeune femme et de son amant secret, Ted Burgess, un métayer de la région.
Notre avis : Première et unique Palme d’or pour Joseph Losey qui fut quatre fois en compétition officielle à Cannes (Modesty Blaise en 1966, Accident en 1967 (grand prix du jury) et Monsieur Klein en 1976), Le messager est un film de la période anglaise du réalisateur américain. Très académique dans sa forme et dans son propos (rappelons que la même année sortait Orange mécanique de Stanley Kubrick), Le messager nous entraîne dans la haute société anglaise, ses mœurs, ses rapports codés et ses hypocrisies. En adaptant le roman homonyme de Leslie Pole Hartley, Losey aborde une fois encore le thème de la différence de classe et de la domination par le biais de deux histoires entremêlées : d’un côté celle du jeune et modeste Leo invité dans la fabuleuse demeure des Maudsley et de l’autre une histoire d’amour impossible entre une jeune femme promise à un mariage arrangé et un métayer. Film sur la perte d’illusions et l’entrée dans un monde adulte lourd de faux-semblants, Le messager marque par ailleurs les retrouvailles entre Joseph Losey et le dramaturge Harold Pinter qui avait déjà signé les scénarios de Accident (1967) et du magnifique The servant (1963).