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Le petit lieutenant - la critique

Un idéaliste chez les flics

Note moyenne des internautes :

- Durée : 1h50mn

Un idéaliste chez les flics. Beauvois le pessimiste vire au noir désabusé.

L’argument : Antoine (Jalil Lespert), frais émoulu de l’École de Police, débarque à Paris pour intégrer la Crim’. Sous la houlette de Caroline Vaudieu (Nathalie Baye), il fait son apprentissage du métier, moins palpitant que prévu : beaucoup de larcins médiocres et des arrestations pour éthylisme. La banalité tourne court : un mystérieux agresseur russe sévit à Paris...

Notre avis : Récit initiatique autant que plongée documentaire chez les flics, Le petit lieutenant est un film plus complexe que les premiers plans ne le laissent croire. Planté au milieu de ses camarades de promotion, Antoine doit choisir son affectation : par ordre d’excellence, les futurs policiers se succèdent pour faire connaître leurs préférences. Le souci de véracité - ces scènes ont été tournées à l’École de Police le jour des affectations - est un leurre. Le petit lieutenant serpente à travers la réalité, mêle acteurs et vrais policiers pour installer un étrange équilibre. A rebours du film de genre, Xavier Beauvois poursuit la ligne claire qui sous-tend toute son œuvre depuis Nord : un naturalisme qui vire de bord, rabroué, souvent tenté par le lyrisme. Mais les éclats solaires de l’Italie (N’oublie pas que tu vas mourir) ou les échappées musicales de Bach (Selon Matthieu, son film le plus abouti) font définitivement place à un ton désabusé. Le visage de Nathalie Baye, accablé de douleur, clôt un film gigogne, imbrication de portraits justes et sensibles.
Beauvois, sans y toucher, joue avec la narration classique, met en lumière certains personnages puis les fait disparaître au gré de son scénario. Il désamorce tout suspense et, coup de semonce suprême, tue Antoine, réduit à l’état végétatif pour la moitié du film. En reprenant en charge le récit, le personnage de Caroline le densifie d’une dimension cinématographique qui doit autant au passé d’actrice de Nathalie Baye qu’au mimétisme mère-fils qu’elle imprime à l’histoire. Sa douleur sourde déploie le film et lui fait quitter le chemin tracé par l’idéalisme du jeune lieutenant. C’est en télescopant ce drame féminin avec la découverte de l’univers policier que le réalisateur livre son œuvre la plus noire, la plus pessimiste. Dix ans après son prix du jury à Cannes, Xavier Beauvois entre dans une veine plus mature et désespérée. Espérons juste que, dorénavant, il ne livrera plus ses longs métrages au compte-gouttes. .

Baptiste Drake

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Les avis des internautes

 

> Le petit lieutenant

Par DMAKANDAL

Le petit lieutenant est un film tres poignant ou l’on retrouve un peu une athmosphère à la Ruth RENDELL. J’ai beaucoup aimé suivre les différents personnages dans leur intimité. On peut simplement regretter que le film ne soit pas plus longtemp, ce qui aurait permis d’avoir des personnages secondaires encore plus fouillés. Très bon film.

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