Petite année traversée de coups d’éclat, pour la clôture d’une décennie faste (ou l’ouverture d’une autre, c’est selon...)
2010, l’année des valeurs sûres... et de la folie furieuse. Les deux facteurs semblent s’exclure l’un l’autre. Pourtant, si on y regarde de plus près, c’est du côté des cinéastes confirmés qu’il faut aller chercher les films les plus dingues (et les plus réussis) de cette fin de décennie : Scorsese, Nolan, Weerasethakul, Araki, Herzog, et même Fincher, sur un sujet qui ne s’y prêtait guère a priori (la naissance de Facebook, bâillements). D’autres réalisateurs se sont ralliés à ce vaste mouvement détraqué, tels Nicolas Winding Refn pour Le guerrier silencieux ou Gaspar Noé pour Enter the void ; leurs propositions de cinéma, si elles ont séduit dans un premier temps, ont beaucoup moins convaincu dans un second. C’est qu’il ne faut pas confondre expérimentation et exercice de petit malin, et ne jamais oublier que la folie, aussi débridée soit-elle, demande un minimum de maîtrise au cinéma - il suffira d’admirer la belle mécanique scénaristique d’Inception ou la poésie subtile d’Oncle Boonmee pour s’en persuader. A single man, film d’un débutant reposant sur des assises classiques, est la magnifique exception qui confirme cette règle, sacrant dès lors grand cinéaste un ancien styliste sur qui, gageons-le, personne n’aurait misé un kopeck. Et le ciné français dans tout ça ? Il lui manque l’audace de l’an dernier justement, celle du Prophète, des Herbes folles ou des Derniers jours du monde. Au-delà des dithyrambes (un brin forcés) construits autour de Tournée d’Amalric et Des hommes et des dieux de Beauvois, se dégage le cri de colère poussé par un auteur unique, sans doute le plus marginal et le plus revigorant de nos territoires : Abdellatif Kechiche.
1. Kaboom

2. Inception

3. A single man

4. The social network

5. Shutter Island

6. Oncle Boonmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures

7. Toy Story 3

8. Les rêves dansants, sur les pas de Pina Bausch

9. Bad Lieutenant, Escale à la Nouvelle-Orléans

10. Vénus noire
