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Le trésor de San Lucas - la critique

A la poursuite du trésor de San Lucas

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Une micro production Golan Globus parmi les plus honnêtes, marqué par la présence charmante de Carey Lowell et le sens du rythme de Albert Pyun...

L’argument : Prenez une équipe de voleurs très chics mais de choc. Un millionnaire rocambolesque de Los angeles à la recherche d’une relique inestimable. Maxine, une belle étudiante pétillante et sportive, Reno, un avocat véreux... Vous avez tous les ingrédients d’un cocktail explosif.

Notre avis : Dans les années 80, le jeune Albert Pyun n’était pas encore le réalisateur de films d’action véreux destinés aux deuxièmes parties de soirée sur TF1 ou au catalogue de Delta Vidéo (la franchise des Nemesis, Kickboxer 2...), ni même le réalisateur de l’adaptation nanardesque de Captain America. Non, c’était juste un honnête artisan du cinéma de genre (l’heroïc fantasy avec L’épée sauvage en 1982) qui rentra peut-être un peu trop tôt dans la machine à broyer des talents des producteurs israéliens Menahem Golan et Yoram Globus (le "Cannon group"). Pour eux, il réalisa toutefois un excellent teen movie, plutôt sombre, sur des milices parascolaires (Campus 86/Dangerously close,1986) et une resucée amusante et rythmée d’A la poursuite du diamant vert, Le trésor de San Lucas (1987). Point commun aux deux films, outre les producteurs, la présence de Carey Lowell, beauté fatale en son temps, qui sut faire battre quelques coeurs, notamment chez William Friedkin (La nurse,1988) et surtout dans le James Bond Permis de Tuer (1989).
C’était les années 80 et la série B saturait le marché. Aussi, sans réel grand nom masculin dans son casting (point de Chuck Norris, Dudikoff ou de Dolph Lundgren dans le premier rôle masculin, mais le tristounet Charles Rocket) pour courir le monde avec la belle à la recherche d’un trésor perdu, avec une horde de méchants lookés eighties aux trousses, l’intérêt du public fut très limité. Pourtant, la mise en scène de Pyun ne manque pas de style et ne minimise jamais les séquences dynamiques. L’effort photographique s’accompagne d’une utilisation intensive de chansons de l’époque (entre autres le Suspicious Minds de Fine Young Cannibals qui donne un cachet indéniable aux images). Déjà dans Campus 86, il avait su mettre en avant deux tubes de Depeche Mode (Stripped et question of lust) pour capturer des instants de grande noirceur.
Sacré Pyun, artisan de talent, de talent gâché, qui ne fit par la suite qu’un seul autre vrai bon film, Cyborg avec Van Damme. C’était en 1989. Depuis, boulimique, il a enchaîné les produits (vidéo) : plus de 20 dans les années 90 et reste encore aujourd’hui très actif, même si ses oeuvres sont désormais persona non grata sur notre territoire.

Frédéric Mignard




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