Durée : 1h44mn
Titre original : The third man
PALME D’OR, Cannes 1949
L’argument : Venu retrouver son ami Harry Lime à Vienne après la Deuxième Guerre mondiale, un écrivain américain apprend que celui-ci a trouvé la mort dans un accident de voiture. Mais aussi que la police le surveillait...
Coup d’oeil : Eloge du Troisième homme en trois points. Un : la réplique. De celles qui marquent l’histoire du cinéma. Celle-ci ne se trouve pas dans le roman de Graham Greene qui a inspiré Reed, mais serait due à Orson Welles, l’interprète d’Harry Lime, rôle qu’il a lui-même écrit en en faisant "un personnage shakespearien (...), parent du bâtard du Roi Jean". La réplique, donc : "Rappellez-vous qu’en Italie, sous les Borgia, pendant trente ans, il y a eu la guerre, la terreur, meurtres et assassinats : cela a donné Michel-Ange, Léonard de Vinci et la Renaissance. En Suisse, ils ont eu l’amour fraternel, cinq siècles de paix et de démocratie. Et qu’est-ce que cela a donné ? L’horloge coucou !" Deux : la musique. De celles qui marquent aussi l’histoire du cinéma (et qui justifient la répétition). Elle est d’Anton Karas, découvert par Reed dans un restaurant à Vienne. Un petit air de cithare inquiétant, envoûtant, agaçant par moments, complètement indissociable de l’ambiance du film. Trois : la ville. La Vienne de l’après-guerre, belle et laide à la fois, lumineuse et remplie d’ombres, une cité en noir et blanc magnifiquement photographiée dans un film aux plans d’anthologie qui mériteraient bien un quatrième point, glissé en douceur, aussi aérien que la scène de la grande roue.