Petit polar sec et tendu, Légitime défense est porté par un Jean-Paul Rouve remarquable. Le noir lui va décidément très bien.
L’argument : Benoît, jeune père de famille, mène une vie heureuse et sans histoire. Un jour, son père détective privé, disparaît mystérieusement. Benoît va découvrir la part d’ombre d’un père qu’il pensait connaître. Et pour la première fois, il va devoir se battre pour sauver sa peau et protéger les siens.
Notre avis : Visiblement grand amateur de polars français des années 70-80, Pierre Lacan, pour son premier long-métrage, signe une série B sans prétention qui se veut un hommage à un cinéma aujourd’hui disparu. La série noire à la française à laquelle se réfère le réalisateur est bien celle d’un Serge Leroy ou d’un Jean-Claude Missiaen, comme peut l’attester la présence d’un Claude Brasseur impérial en vieux détective qui noie ses idées noires dans une bouteille. Certes, le scénario ne fait preuve d’aucune originalité, mais il revisite des figures classiques du genre avec suffisamment de punch et de foi pour convaincre. En homme ordinaire qui perd tout du jour au lendemain, Jean-Paul Rouve est tout bonnement formidable. Son jeu, sobre et incarné, s’accorde à merveille avec l’ambiance très sombre du film. Il est soutenu par une galerie de seconds rôles épatants : Olivier Gourmet glace les sangs en truand prêt à tout pour récupérer une valise au contenu mystérieux, Gilles Cohen s’impose sans problème en flic à qui on ne la fait pas, tandis que Marie Kremer investit avec talent le traditionnel rôle de la prostituée paumée.
Réalisé avec soin, en lorgnant fortement vers le style dur et sec d’un Alain Corneau, Légitime défense marque également le spectateur par la violence de certaines séquences (même si celle-ci se déroule souvent hors champ). Même si l’on regrette la petite coquetterie de montage qui noie légèrement le spectateur en tout début de métrage par un mélange inutile des temporalités, ce nouveau polar à la française bénéficie d’une durée adéquate (une petite heure vingt) qui s’accorde merveilleusement avec la tension voulue par le genre. En l’état, cette série B sans grande prétention se regarde avec un plaisir constant et s’avère donc un divertissement de qualité.
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