Une version très prosaïque de la légende arthurienne, sans intrusion dans le fantastique et plombée par une réalisation impersonnelle. Restent d’excellents acteurs et quelques moments savoureux.
L’argument : Au royaume du roi Arthur et de l’enchanteur Merlin, Lancelot est un chevalier dont le courage est vanté par tous. Mais un jour, cet homme sans égal doit quitter sa cour afin de fuir l’amour de la reine Guenièvre. La table ronde, sans protection, est alors au cœur de tous les dangers.
Notre avis : Réalisateur à tout faire de la MGM pour qui il tourne jusqu’à sept films par an, au point d’être l’auteur de 185 oeuvres en 40 ans de carrière, Richard Thorpe vient de connaître un immense succès avec son Ivanhoe (1952), ce qui fait de lui le grand spécialiste du film de cape et d’épée. Il se retrouve donc tout naturellement à la tête d’une production prenant comme point de départ la légende arthurienne, secondé par la star de son précédent triomphe : Robert Taylor. Evacuant de son long métrage toute considération fantastique, Richard Thorpe ne s’embarrasse à aucun moment de merveilleux et traite de manière quasi historique les aventures de Lancelot du Lac ou encore de Perceval. Ainsi, l’épée Excalibur n’a plus aucune vertu particulière, Merlin n’est qu’un conseiller parmi d’autres et Morgane une simple intrigante. Une trahison particulièrement étrange faisant des Chevaliers de la table ronde un simple film de cape et d’épée.
Si l’on fait abstraction de cette audacieuse et peu probante adaptation, l’ensemble se regarde avec un certain plaisir grâce à des décors superbes, des costumes colorés et des acteurs plutôt inspirés. Robert Taylor donne une certaine majesté à son rôle, tandis que la superbe Ava Gardner brille en femme secrètement amoureuse du meilleur ami de son époux. Au final, cette histoire d’amour et d’amitié se révèle plus convaincante que l’intrigue proprement chevaleresque. Il faut dire que Richard Thorpe a toujours été un cinéaste appliqué, mais sans génie. Ainsi, il filme assez platement des combats qui auraient dû être palpitants. Seule la charge de cavalerie située au milieu du métrage fait preuve d’une fougue peu commune. Rentable, sans avoir franchement cassé la baraque, ces Chevaliers de la table ronde (1953) reste donc un divertissement sympathique, mais qui méritait sans doute un autre parti-pris scénaristique et un metteur en scène plus impliqué dans un projet initialement très ambitieux.

Par Norman06
Prince de la série B d’aventures en cinémascope et technicolor, comme Invanhoé ou Le Prisonnier de Zenda, Richard Thorpe déçoit un peu avec cette sage réalisation académique qui n’évite pas le statisme (jeu d’acteurs très "Royal Shakespeare company" des années 50) et le pompiérisme (musique surlignant l’action). Mais on retrouvera avec plaisir Robert Taylor et Ava Gardner.