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Les voyages de Gulliver (2010) - la critique

Le naufrage de Gulliver

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- Durée : 1h37mn
- Titre original : Gulliver’s Travel
- En 3D dans certaines salles

Une adaptation de Jonathan Swift, bête et grossière, qui finit par opposer Gulliver à un Transformer ! Au secours !

L’argument : L’argument : Lemuel Gulliver, modeste employé au service courrier d’un journal new-yorkais, rêve de devenir grand reporter. Après avoir menti pour se voir confier la rédaction d’un article sur le triangle des Bermudes, il fait naufrage et se réveille sur Lilliput, une terre mystérieuse peuplée d’êtres minuscules. Dans ce nouveau monde fantastique, Gulliver est enfin un grand homme - en taille et en ego - surtout après avoir raconté des histoires dans lesquelles il s’attribue le mérite des plus grandes inventions du monde et se place au centre des événements historiques. Mais la fausse image qu’il se donne entraîne ses nouveaux amis vers une dangereuse bataille. Quand les choses tournent mal, Gulliver doit trouver d’urgence un moyen de réparer ses erreurs. Il va découvrir que la vraie grandeur est intérieure...

Notre avis : Depuis l’avènement de la culture geek, Hollywood mise régulièrement sur l’humour gras de Jack Black. Certes, il a berné son monde avec Rock academy, mais depuis l’acteur s’empêtre dans des délires qui ne font rire que lui, de Super Nacho à L’an 1, on a tous plus ou moins décroché, le public le premier. L’adaptation des satiriques Voyages de Gulliver de l’écrivain engagé Jonathan Swift, ne déroge pas à la règle des derniers films du comique qui tirent tous vers le nawak intégral ; toutefois ici cela prend les proportions démesurées de son illustre personnage de géant. Le film a ainsi coûté 110 millions de dollars et nous fait basculer de notre univers réel contemporain sur l’île atypique des minuscules lilliputiens (ce qui est devenu avec le temps une redondance !). Des grandes tours de Manhattan des premières images on passe, grâce au mystérieux triangle des Bermudes, à une époque où tout le monde est en costume (avec son lot d’anachronismes !), au coeur de grandes cours royales, avec une belle princesse à sauver... Le tout évidemment reconstitué en modèle réduit et à grand renfort d’images de synthèse...
Et oui, de l’argent, ça, il y en a à foison à l’écran pour mettre en oeuvre les effets spéciaux. Ceux-ci sont d’ailleurs plus ou moins bons. Certains sont mêmes carrément pathétiques. Malheureusement, du bon goût et de l’intelligence, en revanche, messieurs, vous n’en trouverez pas. En parodiant tous les classiques de la Fox (Star Wars, Titanic...), Black, dans l’égocentrisme absolu, fait une énorme pub à son studio sans parvenir à trouver un ton singulier pour cette gigantesque blague. Il urine sur un château pour éteindre un incendie, se bat contre un robot que l’on croirait sorti, au mieux, de Monstres contre aliens (du même réalisateur au passage), ou, au pire, à un vulgaire Transformer, histoire de manger à tous les râteliers de la culture populaire.
Mais le plus grave dans ce naufrage burlesque, c’est la médiocrité de l’interprétation. Jack Black soigne une image grasse du bide franchement embarrassante et tout le reste du casting étant au diapason dans des accoutrements gênants. Jason Segel (Sans Sarah rien ne va) est consternant, Amanda Peet est égale à elle-même (donc nulle) et Emily Blunt est pour la première fois de sa carrière à côté de ses pompes. Bref, Les voyages de Gulliver est bien le nanar annoncé par la critique américaine qui n’avait pas été tendre ! On ne va vraiment pas la contredire !

La bande-annonce : ICI

Frédéric Mignard


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