Accueil > Les réalisateurs > M > Montalier, Eric (de) > Ma place au soleil

Ma place au soleil

Bronzette intellectuelle

Acheter sur Priceminister

- Durée : 1h45mn

Petites dérives existentielles en groupe pour un film choral vain qui ne tient que grâce à sa mise en scène.

L’argument : Adolescent, on a le sentiment profond que la vie qui s’annonce verra se succéder aventures et bonheurs en tout genre. Quoi qu’il arrive, on saura appréhender les situations les plus délicates avec une virtuosité dépassant l’entendement. Mais ce n’est pas toujours le cas. Nos protagonistes, trois couples et un célibataire (entre autres) d’âges, de classes sociales et d’itinéraires différents, sont sans doute de cet avis.

Notre avis : A vouloir se rapprocher au plus prêt des préoccupations sentimentales et existentielles de chacun, l’acteur Eric de Montalier qui signe ici un premier long en tant que réalisateur, ne s’éprend que des clichés sur la solitude de l’individu dans le célibat, le couple ou dans la perspective de la mort. Beaucoup de remises en question plus ou moins étoffées par le jeu de comédiens de première classe qui à force de remplir l’écran à se croiser d’une scène à l’autre comme manipulés par le fatum ne parviennent pas à combler l’incroyable vide psychologique de leurs personnages. Dix caractères qui, par la seule magie d’un montage casse-tête, remplissent à eux seuls tout Paris de leur vanité d’êtres en souffrance à laquelle on n’adhère jamais. Gilles Lellouche a bien trop d’élégance pour être à ce point rejeté par les femmes ; Mélanie Doutey de charme pour finir avec les deux tocards qui partagent sa vie ; Dussolier fait trop d’efforts pour être gentil et dissimuler ses manques affectifs afin d’attiser notre sympathie ; Nicole Garcia et Jacques Dutronc intellectualisent les dérives du confort bourgeois de manière froide sans offrir la moindre possibilité d’empathie à leurs personnages ; quant à François Cluzet, son jeu excessif de personnage égocentrique le place complètement à côté de la plaque.
Le réalisateur du haut de ses ambitions s’évertue à soigner sa réalisation, croyant dur comme fer à la complexité des enjeux mis en place et ose même recourir à la fantaisie à maintes reprises. Les rencontres improbables de son propre personnage de looser rêveur à l’aéroport, les apartés de Dutronc avec la mort ou les facéties vocales de Dussolier qui se met à chantonner sont des tentatives aussi louables que vaines de multiplier les facettes du récit. Au final Ma place au soleil s’inscrit dans la longue lignée des œuvres choral, mais, faute de temps à consacrer vraiment à ses personnalités, il ne provoque que l’émotion superficielle sans jamais trouver la bonne fibre cathartique qui pourrait vraiment nous faire vibrer.

Frédéric Mignard