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Martha Marcy May Marlene - la critique

Le sens des quatres M

Un drame intime superficiel, qui ne s’affranchit jamais de l’étiquette Sundance. Convenable, à défaut d’être séduisant.

L’argument : Après avoir fui une secte et son charismatique leader, Martha tente de se reconstruire et de retrouver une vie normale. Elle cherche de l’aide auprès de sa sœur aînée, Lucy, et de son beau-frère avec qui elle n’avait plus de contacts, mais elle est incapable de leur avouer la vérité sur sa longue disparition. Martha est persuadée que son ancienne secte la pourchasse toujours. Les souvenirs qui la hantent se transforment alors en effrayante paranoïa et la frontière entre réalité et illusion se brouille peu à peu...

Notre avis : Film sensation du Festival de Sundance 2011, où il a été primé pour la qualité de sa mise en scène, Martha Marcy May Marlene a également été sélectionné au Festival de Cannes la même année dans la section Un Certain Regard. Cette première réalisation du jeune Sean Durkin a été noyée dès sa sortie sous une multitude de critiques dithyrambiques. Quoi qu’on en dise, Martha Marcy May Marlene n’échappe pas une seconde aux travers des films de sa condition et est ouvertement estampillé Sundance.
Puisant toute son originalité dans un montage saccadé sans être agressif, le long-métrage se targue d’exposer une esthétique brumeuse, mais volontaire. L’excessive utilisation de flashbacks, de contre-jours abusifs, de teintes sépias, fait rapidement basculer le film dans une logique monotone et emphatique. Dans une ambiance écœurante qui n’est pas sans rappeler le Virgin Suicide de Sofia Coppola (une ressemblance partagée par leurs affiches respectives), Martha Marcy May Marlene se noie rapidement dans une redondance exacerbée par l’absence presque totale de scénario.
Dans un herbage où de jeunes filles faméliques, sorties tout droit d’un catalogue American Vintage, conversent, Martha est enfermée dans le cachot de son esprit. Assimilée malgré elle dans une secte, la jeune fille s’est laissée prendre au piège par cette communauté asociale et son charismatique leader. Entre jeux de miroirs et ellipses discrètes, Martha Marcy May Marlene met en exergue les étapes de dépersonnalisation en vigueur dans cette faction pour s’approprier les nouvelles recrues. Loin de diaboliser les sectes, le long-métrage s’essaie à la précision documentariste. Un choix bienvenu, néanmoins desservi par l’esthétisme pompeux de sa réalisation. Martha Marcy May Marlene se base sur le traumatisme de son personnage principal, sans explorer jamais les véritables mécanismes psychologiques à l’oeuvre. Indiscutablement, la paranoïa et la réalité altérée perçue par Martha sont subtilement amenées, mais le vide scénaristique du film en fait un exemple flagrant de masturbation intellectuelle. Poétique, certes, mais par trop vaporeux pour être crédible. La délicatesse de l’explication de la situation est néanmoins louable, lorsqu’elle ne sombre pas dans la préciosité. Il faut en effet reconnaître à Martha Marcy May Marlene la valeur de sa finesse. Le personnage du gourou en est la preuve ; il n’est jamais explicité s’il est conscient de son ascendant sur ses disciples ou bien s’il est simplement un dangereux jocrisse.
Tout le long du film, la caméra semble n’avoir d’yeux que pour Elizabeth Olsen. La soeur des jumelles terribles se prouve excellente interprète. Ses grands yeux clairs et sa fraicheur éclatante en font une anti-héroïne des plus attachante. De son côté, John Hawkes (American Gangster, Winter’s bone) est un des atouts incontestables du film, et se libère enfin du carcan des seconds rôles inconséquents.
Martha Marcy May Marlene est une tentative onirique honnête, qu’il serait malvenu de dénigrer à outrance. Le long-métrage vaporeux n’en est pas pour autant un chef d’oeuvre du genre, et quitte à aller respirer le soleil de Sundance, on préfèrera le faire avec Another Happy Day.

Emma Martin

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Les avis des internautes

 

Martha Marcy May Marlene - la critique

Par Christophe Butelet

Il faut d’abord voir le film pour l’actrice, Elizabeth Olsen, formidable. D’un naturel incroyable. Et ce qu’elle dégage avec son visage, c’est très fort. Sinon, le film réussit parfaitement à montrer à quel point la secte démolit son personnage, la déconnecte totalement du monde mais je trouve que le film ne va pas assez loin sur le besoin ressenti par le personnage d’aller au départ vers ce groupe retiré de la société. Il l’aborde rapidement lors d’une scène d’ailleurs très réussie (celle au repas où la jeune fille et son beau-frère (...)

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Martha Marcy May Marlene - la critique

Par Frédéric de Vençay

Avec ce premier film remarqué à Sundance, Sean Durkin se taille une place de choix dans le genre de l’angoisse cinématographique, tout en s’extirpant de ses modèles "indé" un peu poussiéreux. Porté par une actrice épatante, "Martha Marcy May Marlene" exprime avec subtilité la dépersonnalisation de son personnage principal, par le biais d’un chassé-croisé entre passé et présent qui ménage de belles zones d’indécision paranoïaque. En gourou charismatique, John Hawkes est terrifiant de séduction insidieuse. Un coup d’essai parfaitement (...)

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Martha Marcy May Marlene - la critique

Par Marine B.

Un premier film absolument réussi où les notions de réalité, de rêve et de souvenirs ne font plus qu’un. La photographie surexposée n’est pas pour rien dans cet effet… L’enfermement dans lequel se trouve l’héroïne est bien retranscrit par une atmosphère sonore amplifiée, angoissante. Elizabeth Olsen est éblouissante, avec son visage rond rappelant que l’enfance n’est pas loin et son regard bleu perdu dans le vague, entre peur et aliénation. L’actrice porte le film et donne de la profondeur à son personnage. Martha Marcy May Marlene porte le (...)

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