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Master and commander, de l’autre côté du monde - la critique

Souquez moussaillons !

- Durée : 2h14mn
- Titre original : Master and commander : the far side of the world

L’argument : 1805. Le capitaine Jack Aubrey de la marine royale britannique, commandant du navire Surprise, est engagé avec ses hommes dans une lutte incessante contre la flotte française. Il est secondé par le chirurgien Stephen Maturin, comme lui naturaliste et passionné de musique. Dans cette guerre navale contre la France, le Surprise est attaqué par le corsaire français, Archeron, au point d’être sérieusement endommagé. Contre l’avis de ses lieutenants, le capitaine Aubrey décide de poursuivre son ennemi. Ce voyage conduit ainsi les hommes du Surprise du Brésil au Galapagos, en passant par le Cap Horn. Une quête irraisonnée qu’Aubrey est prêt à mener au point de compromettre la vie de son équipage et son amitié avec Mathurin.

Notre avis : Depuis le retentissant succès de son Truman show en 1998, Peter Weir n’avait plus tourné. Cinq longues années d’absence que le réalisateur australien balaie d’un coup de vent en nous livrant un somptueux spectacle marin, parfaite adaptation d’un des volets de la saga maritime de Patrick O’Brian [1]. En effet, le cinéaste nous plonge avec un vrai délice dans une aventure à grand spectacle, mêlant avec justesse scènes de combats et tempêtes marines hyper-réalistes.
Surtout, Weir n’a négligé aucun détail, tant dans la reconstruction du navire de l’époque que dans les relations des matelots avec leur hiérarchie, dans les costumes que dans le langage si particulier de la marine. Le soin apporté à la photographie et dans le choix des décors donne également à cette œuvre une force et une magie jouissives.
Peter Weir n’a pas non plus oublié le cinéma intimiste qui lui a permis de remporter de grands succès (Le cercle des poètes disparus), en livrant une belle histoire d’amitié entre deux hommes que tout oppose au premier abord.
Onirique et naturaliste façon Robinson Crusoé (le passage sur les îles Galapagos), Master and commender fait penser aux films d’aventure des grandes heures d’Hollywood. L’œuvre de Weir lorgne également du côté de Moby Dick, de par cette quête quasi mystique de Jack Aubrey. Un personnage magnifiquement campé par un Russell Crowe charismatique comme jamais, entouré par de jeunes acteurs peu connus mais admirables, qui retrouve un rôle à la mesure de son talent.
Vous l’aurez compris, Master and commander, de l’autre côté du monde (ne vous fiez pas à ce titre raté) offre un vrai et un beau spectacle, idéal pour bien commencer l’année cinématographique.

Thomas Carlat

[1] Les aventures d’Aubrey et Mathurin sont éditées en France par les Presses de la Cité

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