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Ninja 3 - la critique

La nana ninja

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- Année de production : 1984

Véritable Stradivarius du nanar, Ninja 3 est aussi consternant de nullité qu’hilarant dans son imperturbable premier degré. Un grand moment à déguster un soir d’ivresse.

L’argument : Un ninja revient d’entre les morts en possédant le corps d’une jeune femme, afin de venger sa propre mort.

Notre avis : Patrons de la compagnie Cannon, Menahem Golan et Yoram Globus produisent dans les années 80 des séries B à la chaine afin de surfer sur les genres à la mode et de rentabiliser leurs budgets grâce aux ventes de cassettes vidéo. Aussi, la qualité de leurs films va déclinante au fur et à mesure de la décennie jusqu’à atteindre le degré zéro. Lui-même à l’origine d’un film qui exploite sans vergogne la mode du kung-fu sous le titre L’implacable ninja (1981), Menahem Golan laisse à son protégé Sam Firstenberg le soin de tourner deux suites qui n’ont d’ailleurs absolument aucun lien avec le film d’origine si ce n’est la présence au générique de l’acteur japonais Shô Kosugi. Après Ultime violence (1983), Firstenberg torche donc ce Ninja 3 : the domination (1984) qui surpasse les deux autres volets par son extrême nullité.
Au lieu de se contenter de mettre en boîte un énième film de ninja, le réalisateur introduit des éléments fantastiques censés relancer l’intérêt d’une saga déjà bien piteuse. Malheureusement pour lui, cette histoire de possession d’une jeune femme par l’esprit d’un ninja est d’une sombre crétinerie. Non seulement l’intrigue ne tient absolument pas la route, mais la réalisation calamiteuse de Firstenberg désamorce toutes les situations. Ainsi, les dix premières minutes du film (soit l’assassinat d’un homme par un ninja solitaire poursuivi ensuite par une escouade de policiers) constituent sans nul doute un sommet de portawak en matière d’action. Ne reculant devant aucun effet ridicule, le cinéaste use de ficelles énormes telles que l’accélération des images afin de dynamiser ses scènes (ce qui donne un résultat proche des poursuites burlesques de la série britannique Benny Hill) ou encore l’abus de cascades improbables mal mimées par des acrobates en roue libre.
Après ce coup d’éclat qui place le film au panthéon du Z non assumé, le long-métrage s’enfonce peu à peu dans l’ennui poli, même s’il demeure traversé çà et là de moments d’anthologie comme cette scène de possession où l’actrice fait plusieurs tours sur elle-même afin de bien faire comprendre qu’un esprit maléfique la dirige. Fou rire obligatoire. Le plus hallucinant dans tout cela, c’est que le bousin est tout de même sorti en salles à l’époque. Ils furent même 13 067 parisiens à se faire avoir en première semaine d’une exploitation forcément limitée. Ils n’ont sans doute pas oublié cette séance !

Virgile Dumez


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