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Paranormal Activity 4 - la critique

Succube lent

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Et si Paranormal activity 4 était l’épisode de trop d’une saga à bout de souffle ? Réponse ici.

L’argument : Ce quatrième volet a lieu cinq ans après Paranormal Activity 2, qui se termine avec l’otage de Hunter par Katie. Du point de vue d’une famille voisine de Hunter (dorénavant connu sous le nom de Robbie), nous assistons à des activités surnaturelles induites par l’arrivée de l’enfant - d’abord dans leur voisinage et puis dans leur maison.

© Paramount Pictures France Notre avis : A l’origine d’une véritable mode qui irrigue le film d’horreur de ces dernières années – à savoir le found footage – la saga Paranormal activity doit avoir autant de détracteurs que de fervents partisans. Les premiers arguent du fait que le long-métrage résultant de prises de vues soi-disant effectuées sur le vif est forcément indigent sur le plan stylistique, tandis que les seconds évoquent le caractère flippant de l’intrusion d’évènements surnaturels dans un cadre apparemment familier. Si nous avons pour notre part soutenu l’initiative lors des trois premiers volets – avec un léger bémol pour le second, un rien plus faible – il faut bien avouer que le nouveau segment réalisé par le même duo responsable du troisième opus est largement en-deçà des attentes et peut aisément être considéré comme l’épisode le plus faible de la série. Peut-être faudrait-il envisager d’arrêter là l’aventure, même si elle s’avère toujours aussi lucrative sur le plan financier.
© Paramount Pictures France Avec Paranormal activity 4, on flirte à de nombreuses reprises avec la parodie, au point que l’on se demande si cela n’a pas été volontaire. Ayant compris que le cœur de cible de la saga est essentiellement ado, les auteurs ont cru bon de rabaisser leurs exigences afin de se mettre dans la poche cette audience généralement bon public. Aussi, les héros de ce nouvel opus sont des adolescents d’une quinzaine d’années – pas trop irritants pour une fois – qui nous font le coup traditionnel de l’incompréhension parentale, de l’amitié entre garçon et fille avec un zeste de séduction, mais surtout d’un nombre incalculable de blagues pas finaudes qui désamorcent toute tension dramatique. Ainsi, vous assisterez médusés à un dialogue très fin sur les flatulences et autres joyeusetés dont on se serait bien passé dans un long-métrage supposé faire peur.
© Paramount Pictures France Autre gros point noir, le vecteur du mal n’est plus une force maléfique invisible, mais un petit garçon pas très expressif et sa maman (l’actrice des précédents épisodes en mode sorcière). Cet essai de renouvellement a pour conséquence directe de visualiser ce qui était précédemment suggéré et donc de tuer dans l’œuf toute tentative d’effroi. Enfin, le scénario a sans doute été rédigé dans l’urgence puisque l’on ne trouve absolument rien de nouveau à se mettre sous la dent, aucune révélation fracassante, ni de twist qui relancerait un intérêt déjà fortement émoussé en cours de projection. Outre la présence honteuse d’un nombre conséquent de jump scares qui ne servent à rien, de nombreuses pistes narratives demeurent inexplorées ou sous-exploitées (à quoi sert la séquence ridicule de la disparition / réapparition du couteau ?). Enfin, les auteurs n’ont même pas pris la peine d’essayer de justifier l’emploi des webcams pour surveiller la maison, puisque les deux ados ne visionnent jamais ce qu’ils filment durant leurs mésaventures surnaturelles.
Pétri d’erreurs de script, de trous narratifs béants, réalisé sans aucune imagination, Paranormal activity 4 se laisse toutefois regarder pour quelques petits moments de frousse réussis. Ces quelques éclairs ne parviennent toutefois pas à masquer l’indigence d’un concept qui est désormais usé jusqu’à la corde. On est ici très loin de la qualité d’un film d’horreur comme Sinister, pour le coup vraiment flippant et disposant d’un sous-texte riche et intéressant. Pour nous en tout cas, le choix est clair entre ces deux peloches horrifiques qui déboulent à une semaine d’intervalle sur les grands écrans.

Virgile Dumez


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