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Pitch black - La critique

Peur du noir !

Interdit aux moins de 12 ans

Une bonne frousse atmosphérique, perchée sur une planète morte au fin fond de l’univers. Les déçus d’Alien 3 et 4 apprécieront cette première chronique de Riddick.

L’argument : Un vaisseau spatial transportant une quarantaine de civils est percuté par une météorite et se crashe sur une planète inconnue. Les membres de l’équipage périssent dans l’accident, à l’exception de Fry, une jeune pilote, et de quelques survivants. Parmi eux, un imam et ses disciples, un antiquaire, une géologue, une adolescente, le chasseur de Johns et Riddick, un criminel endurci en cours de transfert vers sa prison. Alors que le petit groupe tente de s’organiser sous un climat aride de jour perpétuel dominé par trois soleils, ils découvrent qu’une éclipse va bientôt frapper la planète, permettant à de monstrueuses créatures nocturnes de se mettre en chasse...

Notre avis : Après deux petites séries B de science fiction, passées relativement inaperçues (dont The visitor avec Charlie Sheen), David Twohy, également scénariste de Warlock et Critters 2, pour définir un peu le bonhomme, passe en 2000 à la vitesse supérieure avec... une nouvelle série B de science fiction - et oui, on ne le refait pas ! Pitch black, en dépit d’un petit score au box office (53M$ dans le monde, dont 39 rien qu’aux USA), va connaître une carrière exponentielle en DVD et lancer la carrière d’un des rois de l’action movie des années 2000, Vin Diesel.
Il est vrai qu’avec son petit budget de 23M$, Pitch Black est une petite merveille d’atmosphère. Quelques filtres pour coder l’ambiance d’une planète morte, des décors spartiates plutôt inspirés (principalement des roches en forme de cylindre et des squelettes d’animaux géants, gisant dans le désert, après avoir été dévorés par des aliens volants) et un casting de personnages généreux où chacun incarne une figure qui se détache des conventions... Dans cet univers de science fiction horrifique, Twohy joue gros en redéfinissant la figure du héros, Pitch Black marquant plutôt l’avènement de l’antihéros, joué ici par Diesel (un mystérieux psychopathe intergalactique qui devient sauveur), et, dans une moindre mesure par Radha Mitchell qui, lors du crash d’ouverture du vaisseau qu’elle copilote, est prête à lâchement abandonner l’équipage pour sauver sa peau. Brouillant la frontière entre le Bien et le Mal, le cinéaste tente ainsi de déstabiliser les repères des spectateurs en leur présentant des caractères gris, à des années lumière des standards hollywoodiens.
Si cette ouverture sur la psychologie des personnages entretient le trouble, l’angoisse bat son plein avec l’intrusion de créatures extra-terrestres nocturnes au design fascinant, rappelant l’œuvre de Giger. Une chance pour l’équipage, échoué dans cet environnement hostile, la planète est surplombée par trois astres solaires qui diffusent une lumière permanente, conduisant les monstres à se replier dans des cavernes. Mais c’était sans compter l’éclipse casse-couille, annonciatrice d’un carnage inévitable, qui va relancer la tension encore plus loin. Cette coïncidence, certes, grossière, va ainsi donner chair à des scènes palpitantes où l’ambiguïté humaine et la voracité des innombrables créatures élèvent Pitch black parmi les incontournables du genre. On pense alors immanquablement à Alien et à ses suites, une filiation, qui a souvent été source de navets (Inséminoïd, Créatures et les autres...), mais qui ici devient salvatrice : le cinéaste ne se contente pas de digérer les moments de bravoure de la célèbre franchise, il apporte, de par son sens du rythme, du suspense et de l’épouvante, sa contribution à l’édifice, comme peu de réalisateurs depuis ont réussi à le faire. Et ce n’est pas le space opéra épique, Les chroniques de Riddick, suite ampoulée des aventures du personnage incarné par Vin Diesel, qui va contredire cette affirmation.

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Frédéric Mignard

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