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Présumé coupable - la critique

Outreau : retour sur un scandale judiciaire bouleversant

Note moyenne des internautes :


- Durée : 1h42mn

Vous pensiez tout savoir sur l’affaire Outreau ? Oui, mais non... Place à l’émotion et à la révolte avec cet Au nom du père français qui ose ébranler notre système judiciaire.

L’argument : Le film raconte le calvaire d’Alain Marécaux - "l’huissier" de l’affaire d’Outreau - arrêté en 2001 ainsi que sa femme pour d’horribles actes de pédophilies qu’ils n’ont jamais commis. C’est l’histoire de la descente en enfer d’un homme innocent face à un système judiciaire incroyablement injuste et inhumain, l’histoire de sa vie et de celle de ses proches broyée par une des plus importantes erreurs judiciaires de notre époque.

Notre avis : Si il y a bien une personne actuellement qui ne doit plus dormir la nuit, c’est bien le juge Burgaud, qui risque de passer en septembre, à la sortie du film Présumé coupable, un sale mois médiatique ! L’adaptation souvent révoltante du livre d’Alain Marécaux, l’une des victimes de l’infernale machine à broyer des innocents mise en place lors de l’affaire Outreau, fait l’étalage en 1h40 de l’incompétence du jeune juge et d’une certaine justice française dans la dissimulation de ses erreurs, aussi flagrantes soient-elles.
Alain Marécaux, huissier innocent, accusé à tort par des gens dont il ignorait tout, de s’adonner sur leur enfant à des abominations pédophiles avec sa femme et d’autres habitants de la ville, aurait dû être innocenté dans l’instant. Pourtant, non, il passera plus de deux ans en prison. Il ne verra donc pas sa femme le quitter, son fils aîné s’égarer, sa maison être vendue pour payer les frais de justice qui vont le ruiner, sa situation professionnelle être détruite, sa réputation jetée en pâture aux médias ou sa mère mourir de chagrin sans lui dire adieu... Enfermé dans des conditions insoutenables (on découvre ici l’état des prisons françaises avec un souci de vérité qui donne froid dans le dos), il tentera à plusieurs reprises de mettre fin à ses jours, notamment à l’issue d’une grève de la faim, retranscrite ici avec force par le jeu d’acteur impressionnant de Philippe Torreton, qui va jusqu’au bout de l’exercice d’incarnation en perdant plus de 20 kilos.
Présumé coupable, est à la fois un réquisitoire pertinent, tout d’abord contre la garde à vue (le traitement du "présumé coupable" par la police qui ne détient aucun élément contre l’interpellé est scandaleux), ensuite contre l’absurdité de la procédure judiciaire, ici laborieuse et inhumaine face à un dossier pourtant cristallin qui nécessitait rigueur et délicatesse dans le traitement des accusés (il n’y avait tout simplement aucune preuve contre eux, dès le départ !). Enfin, contre l’effervescence médiatique qui a participé à la destruction des individus, les journalistes français n’ayant visiblement pas cherché à pousser les investigations au-delà des déclarations surréalistes du juge Burgaud.
A l’instar de Jim Sheridan dans Au nom du père, Vincent Garencq dénonce l’une des plus grandes erreurs judiciaires européennes de ce siècle, la plus grande en France depuis la seconde guerre mondiale. Si le traitement visuel peut paraître légèrement télévisuel, il n’ébranle jamais l’incroyable charge émotionnelle du métrage qui suit la descente aux enfers d’un homme innocent accablé par un juge aveugle et persévérant qui a préféré à ses récits crédibles les affabulations perverses de quatre pédophiles et d’un enfant, jamais crédibles et dans la contradiction effarante, qui balançaient par vengeance et probablement par pure démence, des noms de locaux innocents.
Face à l’incroyable réalisme du métrage et à une interprétation quasi documentaire qui conduit chaque acteur à faire chair avec les personnages réels qu’ils incarnent, le spectateur, jamais manipulé pour autant, passe par une sacrée palette d’émotions. L’étonnement, la révolte, l’indignation, le rire gêné même face à des bourdes judiciaires grotesques, et donc parfois risibles, notamment dans les arguments surréalistes retenus contre Alain Marécaux.
Au final, on ressort ébranlé par cette oeuvre forte et malaisée avec deux certitudes. Celle qu’on ne connaissait pas grand chose de l’affaire Outreau, pourtant très médiatisée, et surtout que face à pareilles dérives, notre liberté pourrait ne tenir qu’à un fil. Choquant !

Frédéric Mignard

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Les avis des internautes

 

> Présumé coupable - la critique

Par roger w

Excellent long-métrage qui va bien au-delà de l’affaire Outreau pour interroger la justice d’un pays et les pratiques scandaleuses qui outrepassent les droits fondamentaux des gens au nom de la loi. Très énervant, le film est porté par le jeu incroyable de monsieur Torreton dont on admire la prise de risque physique, mais aussi sa capacité d’incarnation. Le César du meilleur acteur ne devrait pas lui échapper. Un grand moment.

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> Présumé coupable - la critique

Par

A lire, dans un esprit tout aussi rédempteur et frontiste, le fabuleux livre de Thierry Maricourt : Ceux qui ne mentent jamais (Editions Ginkgo).

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A lire, dans un esprit tout aussi rédempteur et frontiste, le fabuleux livre de Thierry Maricourt : Ceux qui ne mentent jamais (Editions Ginkgo).