Le classique qui a posé les bases du film de psychopathe, à (re)voir autant pour la fameuse scène de la douche que pour la performance d’Anthony Perkins.
L’argument : Marion Crane n’aura commis qu’une seule erreur dans sa vie : s’arrêter pour une nuit dans le motel tenu par Norman Bates et sa mère acariâtre, et prendre une douche. Sa sœur, accompagnée d’un détective, se lance alors à sa recherche...
Avertissement : ne pas lire cette critique si vous n’avez pas vu le film !
Notre avis : La question qui taraude les cinéphiles : ce film mérite-t-il son label de classique ou a-t-il souffert de l’épreuve du temps ? Que l’on se rassure, Psychose tient encore haut la main son rang de référence en la matière. En dépit de l’avalanche, ces deux dernières décennies, de productions bâties sur le même modèle (tueur taré et coup de théâtre final), le film d’Hitchcock surprend toujours par sa modernité, son audace formelle (certains plans incroyables pour 1960), et les pathologies qu’il met en scène. En effet, Hitchcock maîtrise parfaitement son sujet, ainsi que le déroulement du récit ; les temps morts sont rares, le suspense est haletant pour ceux qui ne connaissent pas le dénouement - les effets de montage notamment sur la scène de la douche sont très efficaces. Enfin, il faut souligner la performance hypnotique d’Anthony Perkins, magnifique dans sa dualité psychologique où l’innocence cohabite avec la folie meurtrière la plus sauvage. Sans oublier la troublante Janet Leigh, parfaite en fausse ingénue aux capacités vocales impressionnantes. Conclusion : il vaut mieux revoir ce chef-d’œuvre en noir et blanc toujours d’actualité, plutôt que de s’attarder sur la récente copie carbone en couleur livrée par Gus Vant Sant en 1998. On se dit qu’aurait même aimé découvrir Psychose à sa sortie pour connaître le frisson collectif qui s’est emparé des salles de cinéma...
Le DVD
Le(s) supplément(s) à ne pas rater : Sur le premier disque, un making of énorme d’une heure et demie qui s’attarde sur la genèse, la fabrication et l’impact de Psychose. Captivant, très complet, truffé d’anecdotes (racontées par les survivants de ce film culte, Janet Leigh en tête), on y découvre pourquoi Hitchcock a préféré le noir et blanc, comment il a tourné la fameuse de la douche, de quelle façon Anthony Perkins à appréhendé son rôle, etc. Sur le disque deux, quinze minutes sur l’hommage de l’American Film Institute envers le maître (une larme pour les vieux acteurs comme James Stewart venant au micro). Enfin, dans un autre module d’une trentaine de minutes, Hitchcock, interviewé par la fille d’Ingrid Bergman, explique intelligemment son approche artistique du cinéma, toujours avec ce ton particulièrement caustique.
Image & son : Universal redonne ses lettres de noblesse à un classique du cinéma grâce à un master de toute beauté. La photographie du noir et blanc est une pure merveille de précision et de définition, avec un contraste extrêmement bien dosé. Le son (du mono) vieillissant renforce la tension durant l’ensemble de la vision du film.

Par Norman06
Série B prestigieuse, premier véritable film d’horreur qui influença maints cinéastes, de Romero à Craven, de De Palma à Carpenter et Argento, Psychose est, avec Vertigo, le chef-d’œuvre de son auteur. On gardera longtemps en mémoire ce gros plan de visage inanimé, que scrute la caméra avant de s’attarder sur un journal contenant 40 000 dollars puis, au loin, un logement abritant un effroyable secret...