Paco Plaza a opéré un virage radical dans la célèbre saga en livrant une comédie horrifique totalement décomplexée qui plaira aux amateurs de cinéma bis, mais devrait laisser les autres perplexes. Il fallait l’oser en tout cas.
L’argument : C’est le plus beau jour de leur vie : Koldo et Clara se marient ! Entourés de leur famille et de tous leurs amis, ils célèbrent l’évènement dans une somptueuse propriété à la campagne. Mais tandis que la soirée bat son plein, certains invités commencent à montrer les signes d’une étrange maladie. En quelques instants, une terrible vague de violence s’abat sur la fête et le rêve vire au cauchemar...
Notre avis : Présenté par le duo Balaguero / Plaza comme un prequel de la célèbre saga, Rec 3 Genesis peut être davantage considéré comme une pause ou même une récréation qui prend largement ses distances avec les deux films précédents. Hormis le fait que des personnages vont se retrouver traqués par des infectés dans un lieu clos, on ne voit pas vraiment le lien entre cet épisode et le reste de la série. Le titre Genesis fait ainsi moins référence aux origines du Mal qu’au fameux chapitre de la Bible qui jouera un rôle décisif à la toute fin du métrage. Que tous ceux qui attendent donc des explications ou une vraie continuité se fassent une raison : Rec 3 est une déclinaison du thème principal sans réel lien esthétique ou même narratif avec la série. Une fois ce constat établi, il faut également faire son deuil de deux caractéristiques des deux segments précédents : la caméra portée dans le plus pur style du found footage et la peur viscérale liée aux attaques des infectés.
Tout d’abord, Paco Plaza se moque ouvertement de la vogue du documenteur en en révélant les limites durant une longue ouverture qui pourrait s’apparenter à une mise en boîte à la Scream, avant de retrouver un style cinématographique classique par le biais d’une pirouette qui tient plus de la plaisanterie que de la réelle réflexion sur la portée de l’image au cinéma. Une fois débarrassé de l’héritage encombrant des deux volumes passés, le cinéaste se fait vraiment plaisir en orchestrant un virage à 180 degrés qui vise à transformer le film d’horreur pur et dur en un délire bis à la lisière du cartoon. Peu, voire pas de frissons dans Rec 3 où le spectateur est surtout invité à s’amuser dans une ambiance potache où l’on croise des zombis qui bouffent un animateur de mariage déguisé en Bob l’éponge, un jeune marié en armure de chevalier médiéval et une épouse vindicative qui trucide de l’infecté à coups de tronçonneuse tout en prenant soin de sa belle robe blanche.
Si le début de l’offensive zombie laisse plutôt dans l’indifférence, il faut reconnaître une certaine efficacité à la dernière demi-heure, finalement bien délirante. Occasionnant des débordements gore du meilleur effet (ici on coupe des têtes en deux en pleine lumière), Rec 3 prend finalement le parti de livrer un spectacle bis décomplexé qui devrait ravir les amateurs de films référentiels tels que le Planète terreur de Robert Rodriguez, et laisser perplexe bon nombre de spectateurs peu familiers de ces bandes régressives. Après un tel délire sanglant, Paco Plaza se paye même le luxe de terminer son film sur une scène diablement romantique, même si le blanc virginal de la robe de mariée a fait place au pourpre de l’hémoglobine. Pour un peu, on pourrait presque dire que Rec 3 est une bien belle déclaration d’amour. Presque…

Par Jojo le banjo
J’ai beaucoup aimé ce troisième volet. L’abandon de la caméra embarquée reste un peu frustrante, on perd cette sensation d’angoisse et de surprise lorsqu’un infecté surgit dans le cadre. En revanche, le scénario très édulcoré et délirant apporte du neuf à la saga, ce qui n’est pas déplaisant à mon goût (je préfère voir ça qu’une pâle copie des deux premiers volets). La scène du marié et du moustachu tous deux en armure, à la recherche des survivants, m’a vraiment fait pensé à Eric et Ramzy dans La Tour Montparnasse Infernale, à la recherche de (...)
Par Frédéric Mignard
Ca commence comme du pur found foutage et en cours de route la trame prend le chemin d’un film de zombies démoniaques plus conventionnel, malgré la volonté d’imposer une patte humoristique qui se démarque des précédents volets. C’est là où cela blesse, le fun c’est cool, mais quand on va voir REC on veut avoir peur. Reste de très beaux maquillages, des litres de sang qui ne puent pas le numérique, une réalisation très appliquée avec une superbe photographie. Un film sympa quoi. Désormais on espère l’apothéose avec le 4e volet... Top perso Rec 1 Rec premier (...)