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Recherche Susan désespérément - la critique

Madonna gets into the groove

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La comédie new-yorkaise qui créa la surprise au box-office et révéla Madonna punkette au cinéma...

L’argument : Pour se divertir, une jeune femme bon chic, bon genre, lasse de sa vie trop facile, emprunte l’identité d’une marginale traquée par des tueurs.
Mariée à un homme d’affaires, Roberta Glass s’échappe de sa vie aisée et morne, en lisant des petites annonces aux sous-entendus mystérieux, telle que celle-ci : « Recherche Susan, désespérément ». Intriguée, Roberta se rend au rendez-vous, afin d’épier les retrouvailles entre ces inconnus. Fascinée par Susan, elle suit la jeune femme délurée, possédant de coûteuses boucles d’oreilles volées à un amant de passage, assassiné peu après. En achetant à un fripier la veste de Susan, elle entre en possession d’une clef de consigne que de patibulaires truands entendent bien récupérer. Dez, un projectionniste de cinéma, se porte heureusement à son secours...

Notre avis : Septembre 1985. La France tombe sous le charme d’une comédie new-yorkaise, 100% arty, légèrement underground et succombe parallèlement au charme d’un second rôle alors inconnu durant le tournage, mais devenue entre temps méga star de la chanson : Madonna. La Susan tant convoitée du titre, classait alors trois hits dans le top 50 et notamment la single phare du film, Into the groove.
L’idôle de la jeunesse de l’époque est pour beaucoup dans la réussite et la fraîcheur de cette comédie eighties, qui ravive les souvenirs d’une cité un peu glauque mais branchée, celle des graffitis de Keith Haring ou de Basquiat, justement deux potes de la jeune femme. Porte-jarretelles et crucifix exposés, des couleurs flashy plein les bottes, elle irradie l’écran, troublante de vérité, jouant de l’analogie entre sa vie de bohème d’avant la gloire et celle du personnage désinvolte et sans attache qu’elle incarne.
Dans le film de Susan Seidelman, l’une des premières femmes réalisatrices d’Hollywood (dont le seul autre succès fut Cookie en 1989), son personnage de Susan inspire une jeune bourgeoise qui, à la suite d’un quiproquo, va se retrouver dans ses fringues, complètement amnésique. Pas de bol pour elle, Susan est recherchée par un tueur qui veut lui faire sa peau de mangeuse d’homme. La coincée établie des beaux quartiers, c’est Rosanna Arquette, l’autre révélation de ce long métrage culte. Son joli minois et son nez espiègle lui valent également une notoriété instantanée qui va la conduire chez Scorsese l’année suivante (After Hours en 1986).
A l’époque des méga stars de la chanson qui s’invitent au cinéma (en 85, Prince flambait dans Purple Rain, Tina Turner était du casting de Mad Max 3), Madonna alors débutante y croyait dur comme fer. Pourtant, après Recherche Susan désespérément, la fausse Marilyn aligne les mauvais choix : Shanghaï surprise et Who’s that girl sont des flops retentissants qui nuisent à sa crédibilité de comédienne. Elle devra attendre Dick Tracy en 1990 pour retrouver le succès sur le grand écran.
Vingt-six ans après, Recherche Susan désespérément reste l’hymne à sa jeunesse, le témoignage émouvant des années new Wave de la grande pomme, d’une décennie pop insouciante, célébrée en son temps par 2 millions de Français qui entrèrent dans son groove. En sont-ils jamais ressortis ?

Frédéric Mignard