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Durée : 1h53mn
Titre original : You Don’t Mess with the Zohan
Un film à la bêtise assumée, très souvent hilarant, mais qui se perd dans une accumulation de gags scabreux et déjà vus.
L’argument : Zohan, un agent du Mossad simule sa propre mort et décide de refaire sa vie à New York où il devient coiffeur.
Notre avis : Voici peut-être la comédie qui permettra à Adam Sandler de connaître son premier grand succès en France. L’ancien comique du Saturday night live, véritable star dans son pays, n’a jamais vraiment convaincu dans notre contrée. Avec cette oeuvre, il sort l’artillerie lourde grâce à la participation du bankable Judd Apatow (réalisateur de Quarante ans toujours puceaux et d’En cloque mode d’emploi.) au scénario.
Rien que pour vos cheveux réussit l’exploit de traiter du conflit israélo-palestinien dans une atmosphère réjouissante de pure bêtise. Le film est un déluge de gags placés en dessous de la ceinture, Zohan ayant la fâcheuse tendance à exhiber ses attributs guerriers et à coucher avec toutes les femmes âgées qui passent entre ses mains. Il faut avouer que certaines scènes sont hilarantes si l’on consent à laisser son cerveau à la maison. Adam Sandler est survolté dans son rôle de super agent du Mossad dont le rêve est de rendre le monde soyeux grâce à ses talents de coiffeur. Il est une sorte de grand enfant naïf et sévèrement burné, ce qui donne un caractère agréablement régressif au film. Les personnages secondaires sont réussis, avec des Israéliens et Palestiniens qui en prennent gentiment pour leur grade, mais on aurait aimé voir un peu plus le fantôme, interprété par John Turturro, sorte de rappeur bling-bling qui est l’ennemi juré de Zohan. L’acteur, en roue libre, n’apparaît que l’espace de quelques scènes, le long-métrage se perdant dans plusieurs récits annexes assez inutiles.
Rien que pour vos cheveux provoque cependant une certaine lassitude à force d’accumuler les gags scabreux et déjà vus, d’autant plus qu’il est un peu trop long pour une comédie de ce calibre. On aurait aimé quelques traits d’humour moins rentre dedans, avec un minimum d’esprit, à la manière des œuvres des frères Farrelly. Ici, on est constamment dans la surenchère avec un Adam Sandler cherchant à créer un personnage culte par tous les moyens. Cela résulte sûrement de l’envie de concurrencer Austin Powers, autre héros qui ne fait pas dans la dentelle, dont l’inventivité comique est toutefois bien plus intéressante. Le métrage est en outre plein de bonnes intentions avec cet agent du Mossad qui tombe amoureux d’une Palestinienne, mais on tombe rapidement dans la guimauve alors que l’on redemandait de l’humus. Cette gigantesque farce n’évite pas aussi la fameuse apologie de la patrie de l’oncle Sam, qui permet de vivre en harmonie et de réaliser ses rêves au-delà de tous les conflits. L’ensemble reste tout de même très drôle et il provoquera sans nul doute de nombreux éclats de rire.