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Rio - la critique

Après L’Age de Glace, Rio vole au-dessus d’un nid de clichés

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L’animation anthropomorphique poussée à son paroxysme. Pas désagréable, juste banal.

L’argument : Blu, un perroquet bleu d’une espèce très rare, quitte sa petite ville sous la neige et le confort de sa cage pour s’aventurer au cœur des merveilles exotiques de Rio de Janeiro. Sachant qu’il n’a jamais appris à voler, l’aventure grandiose qui l’attend au Brésil va lui faire perdre quelques plumes ! Heureusement, ses nouveaux amis hauts en couleurs sont prêts à tout réveiller le héros qui est en lui, et lui faire découvrir tout le sens de l’expression « prendre son envol ».

Notre avis : Dans le genre de l’animation, celui qui domine le box-office américain depuis une dizaine d’années maintenant et qui sclérose complètement l’inspiration hollywoodienne, Rio est le prototype même de production qui nourrit le marasme créatif du cinéma récréatif contemporain. Cette grosse sortie de la Fox met en oeuvre des talents artistiques énormes (évidemment, techniquement, c’est une réussite et la restitution des décors bariolés brésiliens est réjouissante), au grand dam du récit familial complètement anodin.
Sur le thème de l’amour qui donne des ailes (au premier degré !), la comédie Rio est avant tout une romance très mièvre entre deux oiseaux en voie de disparition, deux aras bleus, l’un domestique qui vit, parle et pense comme sa meilleure amie bigleuse, qui l’a adopté quinze auparavant, alors que l’autre, au féminin, est sauvage, donc éprise de liberté et de valeurs "bios". Ils se rencontrent artificiellement pour s’accoupler et perpétuer leur espèce, puis apprennent à se connaître et à s’aimer dans la diversité, poursuivis par des trafiquants d’oiseaux exotiques dans les favelas de Rio.
Avec ses gags basés essentiellement sur l’anthropomorphisme, les chorégraphies animales et l’enchaînement de glissades fluides sur les toits, rues ou dans les airs, la comédie se situe au carrefour de tout ce qu’Hollywood a bien pu faire dans le domaine animé, ces dernières années. La jungle de Rio évoque la savane farfelue de Madagascar ou la glace d’Happy Feet quand il s’agit de longs moments de glisse. Les dilemmes psychologiques - choisir l’amour contre-nature pour une humaine, chantre de la consommation dévastatrice, ou aimer quelqu’un de son espèce pour satisfaire l’équilibre naturel - évoque aussi du déjà-vu et les sempiternels bons sentiments.
Dans ce carnaval de couleurs, rythmé au son de musiques latines ou de hits signés Taio Cruz ou Will.I.Am, l’exubérance visuelle est réfrénée par un script paresseux. Le second degré est rare et l’audace d’un discours destiné aux adultes passée sous silence. Il y a bien un personnage efféminé... c’est à peu près tout, le reste se nourrit des modes plus qu’il ne les crée (les personnages très tendance de "nerds"). Epousant les formes traditionnelles du blockbuster animé pour mômes, le nouvel opus des créateurs de Robots (pour mémoire du sous Pixar assez infâme) et de L’âge de glace, est donc une oeuvre redondante dont les atours conventionnels sont aux antipodes des prises de risque de Rango, pour le coup nettement plus novateur, de Scrooge ou du Royaume de Ga’Hoole, tous trois réalisés par de vrais cinéastes qui manifestaient un point de vue plus artistique que ludique.
Au final, Rio, vendu comme un hommage de son réalisateur à son pays (Carlos Saldanha a des origines brésiliennes), apparaît plus comme une gigantesque machine commerciale, certes, efficace et pas forcément infréquentable, dont le cadre exotique semble relever d’une simple manoeuvre de marketing destinée à courtiser l’énorme marché émergeant que représente le Brésil. On a donc un peu du mal à s’enthousiasmer.

La bande-annonce : ICI

La bande-annonce 2 : ICI

Frédéric Mignard




Les avis des internautes

 

> Rio - la critique

Par Jujulcactus

Blue Sky revient en forme, sur les rythmes endiablés du carnaval... La ville de Rio est au cœur du film, et on peut dire que l’hommage de Carlos Saldanha à sa ville natale est vraiment réussi, la cadre est original et dépaysant : plages, buildings, foot, carnaval mais aussi favelas tout y passe... Beaucoup d’humour dans ce nouveau long métrage, un rythme bien tenu, et des personnages franchement sympathique (mais peut-être un peu trop nombreux) mention spéciale au méchant Cacatoès tout simplement excellent, avoir un méchant avec autant de personnalité c’est un sacré (...)

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