Ceux qui pensent encore que la saga des Gendarmes avec De Funès touche le fond en matière de comédie franchouillarde pourront encore creuser grâce à cette comédie inter-minable de Bernard Launois.
L’argument : En 1968, dans un petit village du midi de la France, alors que le reste du pays vit dans la fièvre insurrectionnelle et la recherche de quelques litres d’essence, la vie s’écoule paisiblement. Or la tranquillité et la bonne humeur de tous sont remises en question à l’annonce du transfert de la brigade dans un lieu moins retiré.
Notre avis : Plus connu des bisseux pour avoir signé le nanardesque Il était une fois le diable – Devil story (1985), le réalisateur Bernard Launois s’est illustré quelques années auparavant dans la comédie franchouillarde avec ce Sacrés gendarmes (1980) qui comptait marcher sur les traces de la saga du Gendarme à Saint-Tropez (Jean Girault, 1964) et, si possible, obtenir un succès public équivalent. Pour arriver à ses fins, le réalisateur a réuni un casting de seconds couteaux qui fleure bon la série Z : de Jacques Balutin à Robert Castel, en passant par Sim, ce sont tous les habitués de l’Académie des 9 qui ont été conviés à la fête. Visiblement heureux de passer des vacances dans le sud de la France aux frais du producteur, les acteurs passent leur temps à débiter des dialogues que l’on imagine improvisés, à gesticuler de façon à impulser un minimum de dynamisme à une réalisation désespérément statique et à rouler des yeux pour compenser l’ineptie d’un script anémique. Il faut dire que nulle intrigue tu ne trouveras dans cette accumulation de saynètes censées être hilarantes.
Consternant de bout en bout, Sacrés gendarmes ferait presque passer Les gendarmes et les gendarmettes pour du Molière tant les gags sont éculés, téléphonés, usés jusqu’à la corde. On passera bien évidemment sur le caractère raciste des situations qui impliquent l’acteur noir Ibrahim Seck (le black passe une nuit blanche avec Jacques Balutin ou bien déteint lorsqu’il entre dans son bain). D’une bêtise abyssale, le résultat final pourrait presque sembler sympathique si le cinéaste n’avait pas eu la curieuse idée de conserver un montage excessivement long. 1h40 lorsque l’on n’a aucune histoire à raconter, c’est bien évidemment interminable. Lorsque le curé, interprété en roue libre par Henri Genès se lance dans une tirade de cinq minutes pour expliquer comment il a vaincu à lui seul un char allemand, la tolérance du bisseux le plus endurci est mise à rude épreuve. Même avec un grand sens du second, voire du quinzième degré, Sacrés gendarmes n’en demeure pas moins un nanar majuscule, un objet filmique absolument inimaginable pour le spectateur contemporain. Cet OFNI a tout de même attiré plus de 511 353 victimes dans les salles obscures. Un score qui semble proprement surréaliste vu la qualité du produit fini.

Par Frédéric Mignard
Un très grand moment, tout de même disponible en DVD en France chez LCJ. Du pur nanar estival avec gendarmes feignants au coeur d’une France d’un autre temps, raciste et repliée sur elle-même. C’était avant le TGV et cela se ressent dans le rythme. Des acteurs sympas et quelques gags Z qui font mouche, mais tout de même, quel calvaire !