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Sanctum - la critique

Sanctum, avatar ou ersatz de James Cameron ?

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Un thriller souterrain oppressant, produit par James Cameron, qui reste confiné à la série B malgré toutes ses ambitions de grand spectacle.

L’argument : Plongeur expert, Frank McGuire se lance dans l’exploration à haut risque des grottes immergées d’Esa’ala, dans le Pacifique sud. Il emmène avec lui entre autres son fils de dix-sept ans, Josh, et le milliardaire Carl Hurley, qui finance l’expédition. L’équipe s’engage dans le plus vaste, le plus mystérieux et le plus inaccessible des réseaux de grottes du monde.
Lorsqu’une tempête tropicale s’abat sur la zone, ils sont obligés de s’enfoncer dans le labyrinthe sous-marin pour lui échapper. Désormais perdus dans un décor incroyable, ils doivent absolument trouver une issue avant qu’il ne soit trop tard. Ce monde inconnu ne leur pardonnera aucune erreur...

Notre avis : Le dernier film de James Cameron a été réalisé par un autre... un petit jeune Australien du nom d’Alister Grierson, repéré par le réalisateur de Titanic sur Kokoda : le 39e bataillon en 2004. Qu’on ne se fasse pas d’illusion, les thématiques habituelles de l’halluciné des abysses sont toujours là. Sanctum, avec un budget de série B d’une trentaine de millions de dollars, nous fait plonger dans les entrailles de la terre, au plus profond d’un réseau de grottes bien reconstituées en studio. Evidemment, les eaux torrentielles envahissent ce vase clos et font déborder les rivières souterraines, soudainement transformées en vortex et remous infernaux, mettant en danger la vie des spéléologues chevronnés qui ont investi les lieux de façon ludique. Dans le groupe, les femmes sont burnées et l’une d’entre elles ressemble étrangement à Sigourney Weaver (ce n’est pas un thème, mais bon...). Tout ce petit monde se retrouve coincé, malmené, englouti dans ce huis-clos d’ombres et de lumières de torche, à des kilomètres de la surface, dans l’enfer antédiluvien d’un monde inexploré, intact de toute civilisation. Et devinez quoi, la nature hostile est finalement propice au recentrage de l’homme au sein d’un ensemble cosmologique, mais aussi au coeur du groupe où la lutte pour la raison, le leadership et la reconquête du père (et donc inversement du fils) se fait sans grande subtilité.
Malgré son manque d’originalité et les grosses ficelles du scénario, Sanctum ne déplaît pas forcément. C’est tout de même bien foutu et l’oppression est palpable à plusieurs reprises. L’héritage de James Cameron dans la maîtrise des nouvelles technologies (le gars était tout de même à l’avant-garde avec Terminator 2 et Avatar) et son goût immodéré pour le spectaculaire se retrouvent ici intacts alors que les meilleures technologies 3D accomplissent l’exploit de creuser des cavités sur l’écran de cinéma à la base bien plat ! Bref, on ne s’ennuie pas une minute, mais, quitte à vouloir se rapprocher du style documentaire (la violence physique des accidents de spéléologie est d’un gore emphatique), on regrette tout de même l’emploi d’acteurs de seconds rôles qui, même bons, diminuent le sentiment d’immersion dans l’inconnu.
Au final, Sanctum est une série B couillue, capable de faire son effet mais qui, même dans l’émotion, ne trouve jamais le souffle universel des oeuvres de son mentor.

La bande-annonce : ICI

Frédéric Mignard

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