Scaramouche

Aux armes, citoyens !

- Durée : 2h04mn

Cette première version du roman de Sabatini bénéficie d’une superbe réalisation en partie gâchée par un scénario trop alambiqué et un cortège d’erreurs historiques.

L’argument : André Moreau se cache sous le masque de Scaramouche pour mieux découvrir l’assassin de son ami.

Notre avis : Faisant partie à l’époque des plus grands réalisateurs du cinéma muet américain, Rex Ingram (légèrement oublié aujourd’hui) a connu un immense succès grâce à son chef d’oeuvre intitulé Les quatre cavaliers de l’apocalypse (1921). De quoi lui permettre de financer ses propres films qu’il tire souvent de succès de librairie. Avec la complicité de l’acteur Ramon Novarro, concurrent direct de Rudolph Valentino au titre de meilleur latin lover, il signe un certain nombre de films de cape et d’épée dont Le prisonnier de Zenda (1923) et ce Scaramouche (1923), première adaptation du roman historique éponyme de Rafael Sabatini.
Avec des moyens considérables, le cinéaste s’impose d’emblée comme un excellent créateur d’images, certainement inspirées par les travaux récents des russes et des allemands. Aidé par une photographie très contrastée et un impeccable sens du cadre, Rex Ingram nous emporte assez rapidement dans une histoire de vengeance qui sert le coeur. Malheureusement, il nous perd parfois dans de trop nombreuses digressions feuilletonesques qui noient quelque peu notre intérêt au fur et à mesure que défilent les bobines. Même si nous sommes clairement dans le giron du roman historique, il aurait fallu que les auteurs se soucient davantage de la véracité des faits afin de crédibiliser leur intrigue. Totalement fantaisiste, la vision américaine de la Révolution française fait plus sourire qu’autre chose. Accumulant anachronismes, simplifications abusives et graves erreurs historiques, le métrage perd progressivement toute valeur, d’autant que ces fautes influent sans cesse sur l’intrigue principale.
Esthétiquement irréprochable, joué avec conviction, cette vision déformée d’un grand événement historique finit par lasser avec ses incessants rebondissements de roman-photo et son terrible manque de rythme. Dommage au vu de la première heure, plutôt irréprochable. On préférera sans nul doute possible la seconde version (1952) de George Sidney avec Stewart Granger, bien plus dynamique.

Virgile Dumez

Découvrez toute la BD avec

Bedeo.fr : bande dessinée

avoir-alire est édité par Bedeo.fr

Il n'y a pas encore d'avis pour ce film. Soyez le premier à proposer votre avis !

Votre avis