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Plus psychologique qu’horrifique, le dernier film de Mario Bava bénéficie d’une ambiance mélancolique et macabre souvent touchante.
L’argument : Après avoir été internée pour problèmes psychiatriques, Dora, qui a assisté au suicide de son compagnon, revient vivre dans leur maison. Elle est accompagnée par son nouveau mari, Bruno, et son jeune fils, Marco, issu de son premier mariage. Ce dernier se met à agir de manière insolite et semble pourvu de pouvoirs télékinésiques. Tous les événements étranges semblent avoir un lien avec la cave, scellée depuis fort longtemps...
Notre avis : Cinéaste longtemps considéré comme mineur, Mario Bava a eu de plus en plus de mal à monter ses projets personnels au cours des années 70. Il lui a donc fallu s’exprimer à travers son genre de prédilection : l’horreur. Pourtant, Shock (1977), dernier opus d’un auteur qui allait mourir trois ans plus tard, est un faux film de genre et une œuvre bien plus intéressante qu’il paraît de prime abord. Même si le scénario n’a rien de franchement original, Bava arrive à en tirer le meilleur parti possible grâce à sa sensibilité extrême et à son sens de l’atmosphère. Ainsi, les amateurs de sang frais seront sans doute déçus par cette fine étude psychologique d’une femme dont la raison vacille progressivement, emportée par sa mauvaise consscience. Réduisant l’action à sa plus simple expression, le metteur en scène s’applique davantage à créer une ambiance fantastique et mélancolique dans le style des Innocents (1961) de Jack Clayton ou encore du Cercle infernal (1977) de Richard Loncraine.
Les différentes séquences servent seulement à traduire l’état intérieur d’une femme au bord de la crise de nerfs, bourrée de calmants suite à une grave dépression. Le cinéaste multiplie les plans biscornus et les déformations d’images, future marque de fabrique de son fils Lamberto, par ailleurs assistant de son père sur ce métrage. La première heure instaure une ambiance mystérieuse qui se prolonge sans doute un peu trop, mais l’ensemble est soutenu par une musique typique des productions italiennes de l’époque : à la fois mélancolique, gothique, macabre et efficace, le score du groupe I Libra est en tout point remarquable et n’a rien à envier aux productions des Goblins - notons d’ailleurs la présence de Walter Martino, membre commun aux deux formations. La prestation de Daria Nicolodi - qui fut longtemps la compagne de Dario Argento à la ville - est tout à fait remarquable et elle est soutenue avec efficacité par un John Steiner plus habitué aux seconds rôles. Ce dernier film de Mario Bava, sorti en France sous le titre Les démons de la nuit, est une preuve de plus du talent incomparable d’un auteur qu’il serait vraiment temps de réhabiliter totalement.

Le DVD
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Le(s) supplément(s) à ne pas rater : Le prix dérisoire du DVD excuse l’absence totale de bonus, pour un film si précieux et si rare.
Image & son : L’image, sans être resplendissante, est dans l’ensemble de très bonne qualité et permet de goûter pleinement le spectacle. Deux pistes sonores sont disponibles : la version originale en mono italien sous-titrée est malheureusement accompagnée d’un souffle permanent un rien pénible, mais dont on arrive à faire abstraction. La version française corrige ce défaut, mais le doublage n’est pas des plus réussis. Par contre, cette piste pâtissait sur le zone 1 d’un décalage entre le son et l’image qui a totalement disparu ici pour notre plus grand bonheur.