Accueil > Les réalisateurs > E > Emmerich, Roland > Stargate, la porte des étoiles - la critique

Stargate, la porte des étoiles - la critique

Stargate, le film forever

Acheter sur Priceminister

La Portes des Etoiles, qui n’en a jamais rêvée ? Un rêve devenu réalité pour Emmerich qui signe là son premier et meilleur blockbuster.

L’argument : En 1994, Daniel Jackson, jeune égyptologue de génie, résout enfin l’énigme du gigantesque anneau de pierre et d’acier découvert en 1928 sur le site de la grande pyramide de Gizeh. Un nouveau monde s’ouvre alors...

Notre avis : Habitué des films à gros budget mais aux scénarios un peu légers, Roland Emmerich (Independence Day, 2012) proposait, en 1995, avec Stargate, sans aucun doute son film le plus abouti. Action, science-fiction, aventure et humour se mélangeaient au gré d’un script malin, resté culte des décennies après.
Projet lointain, ce voyage intergalactique représente un travail conséquent initié par l’imagination débordante du réalisateur. Etudiant en cinéma, au début des années 1980, Emmerich imagine un récit de téléportation à travers un anneau de pierre et d’acier qu’utilisent des voyageurs pour se rendre vers d’autres contrées aux confins de l’univers.
Si le voyage intergalactique avait déjà été traité en long, en large et en travers notamment dans Dune et Star Trek, le concept est développé avec fraîcheur par le cinéaste allemand, à travers la singulière "porte des étoiles". L’idée avait déjà été introduite par Joe Haldeman en 1974 dans son roman La Guerre Eternelle, puis à la télévision dans la série Buck Rogers de 1979 à 1981, mais ce qui singularise Stargate, ce que son script est entièrement bâti sur cette idée extravagante qui sera reprise et exploitée à maintes reprises dans des séries TV extrêmement populaires (les spin-off Stargate SG-1, Stargate Atlantis et Stargate Universe).
Sur fond d’esclavagisme des peuples (sans caractère dénonciateur apparent), Stargate cultive sa personnalité et son propre univers SF en se distinguant des mastodontes comme Star Trek. Le scénario calibré pour offrir un divertissement optimal réfute l’ennui. Il résulte d’une collaboration probante entre Roland Emmerich et le scénariste Dean Devlin (Universal Soldier, Godzilla). Le duo a enrichi son scénario de personnages qui semblent écrit pour ses acteurs, notamment O’Neil et Jackson, respectivement interprétés par le charismatique Kurt Russell (New York 1997, The Thing) et l’excellent James Spader (Bad Influence, Wolf).
Agrémenté à l’écran par des images fortes, le scénario déploie un pouvoir d’imagination quatre étoiles pour le spectateur. A peine trois ans après que Paul Verhoeven (Robocop, Starship Troopers) ait envoyé des millions de spectateurs sur Mars dans son Total Recall, Roland Emmerich explore les fins fonds de l’univers à la recherche de notre passé : l’Egypte ancienne.
Mais comme le talent d’un acteur ou d’un réalisateur ne fait pas tout, il fallait à Stargate une bande-son et des effets spéciaux dignes d’une telle épopée. Le moins que l’on puisse dire, c’est que David Arnold (Independence Day, Godzilla) a rempli sa mission en proposant une composition à la fois spectaculaire et sombre, donnant toute son identité à ce film d’aventure. Coté effets spéciaux, ce sont les débutants Len Wiseman (Underworld, Die Hard 4) et Patrick Tatopoulos (Godzilla, Underworld) qui sont aux commandes. Leur travail est souvent solide - l’ouverture de la porte en début de film est superbe -, tout comme il peut apparaître aujourd’hui parfois dépassé, voire médiocre (le dénouement est nettement moins réussi).
Au final, Stargate est un film d’action efficace et une formidable aventure pour les fans de science-fiction, qui ouvre des portes extraordinaires vers un imaginaire total. Le ticket gagnant pour l’Européen Emmerich, définitivement adopté par l’Amérique, qui enchaîna peu après avec Independance Day et Godzilla.

Kévin Lefèbvre


Il n'y a pas encore d'avis pour ce film. Soyez le premier à proposer votre avis !

Votre avis