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The ballad of Jack and Rose

Inceste sous roche

Note moyenne des internautes :

- Durée : 1h52mn
- Le site du film

Le grand retour de Daniel Day Lewis attise la curiosité, mais ne parvient pas à dissimuler notre déception devant cette comédie dramatique aux airs de vieux pensum hippie auquel il manque l’éclat de la passion.

L’argument : 1986. Jack habite avec sa fille Rose sur une île perdue, au large de la côte Est. Vingt ans plus tôt, il partageait sur ce site sauvage la vie et les rêves agrestes d’une communauté hippie. Ses compagnons s’en sont allés et sa femme est partie, le laissant seul avec leur enfant. Essayant de la protéger de l’influence néfaste du monde, il mène avec Rose une existence idyllique qui est désormais menacée. Les jours de Jack sont comptés et il doit penser à l’avenir de sa fille qui n’a jamais connu que lui...

Notre avis : Annoncé sur les grilles de programmation il y a déjà de cela quelque temps, The ballad of Jack and Rose sort enfin sur nos écrans. S’il ne s’agit pas de l’authentique navet que l’on pouvait redouter, cette petite production sait décevoir le spectateur qui, en bon fan de Daniel Day Lewis, espérait une excellente petite surprise indépendante. Il faut dire que l’ex d’Isabelle Adjani a souvent su nous dégoter des perles. Mais depuis un certain temps, ce comédien caméléon qui incarne ses rôles de manière schizophrénique s’est fait rare. En effet, on ne l’avait pas vu depuis Gangs of New York (2002). Son casting dans le rôle de Jack tient ici du copinage, et le mot est faible puisqu’il est l’époux de la réalisatrice, Rebecca Miller. Cependant, on peut imaginer ce qui a bien pu l’attirer dans ce script : la douce folie des personnages, l’esprit libertaire et l’audace thématique d’un scénario sur lequel plane un soupçon d’inceste suffisamment rare au cinéma pour qu’on puisse le souligner. De quoi titiller la fibre du comédien névrosé qui nous sort pour l’occasion toute sa panoplie d’acteur à Oscars.


Qu’il joue dans une grosse production académique ou une œuvre modeste comme celle-ci, Daniel Day Lewis se donne à fond. Il revient ici les traits émaciés, en homme malade, s’offrant complètement à une caméra qui refuse tout compromis chichiteux. L’approche réaliste de la réalisatrice colle à la peau de ses personnages qui apparaissent dans toute leur fragilité et leur vulnérabilité, échappant à la mauvaise caricature qui les menaçait pourtant. Ainsi, le vieux baba cool idéaliste qu’interprète le héros de L’insoutenable légèreté de l’être est loin d’être la victime de la société de consommation qu’il n’a eu de cesse de condamner. Il est avant tout un homme obtus qui s’est enfermé dans un bunker écolo avec son enfant qu’il a égoïstement privée de son adolescence. Pourtant, l’histoire d’amour passionnel qu’il entretient platoniquement avec sa fille, aussi ambiguë soit-elle, méritait sûrement plus de poigne. Le jeu excessif du comédien ne parvient plus à émouvoir. La réalisation de Rebecca Miller, souvent faillible, ne l’aide pas beaucoup. Entre les plans disgracieux, l’esthétique terne et le lourd symbolisme de son long métrage, le message ne prend pas et notre intérêt s’effiloche au fil d’une projection qui s’annonçait pourtant comme singulière et forte.

Frédéric Mignard

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Les avis des internautes

 

> The ballad of Jack and Rose

Par Gil

Ce film, c’est une remise en cause de ses idéaux après des années d’isolement dans ses convictions... ça fait mal, très mal et ça ne finit pas bien ! Day-Lewis est tjs très bon même si le film frôle souvent le pathos, Rebecca Miller nous fera surement des meilleurs films à l’avenir mais celui-là montre déjà qu’elle a des choses à nous raconter et qu’elle peut le faire avec un certain style. Celui-là est quand même super déprimant (...)

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