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Toutes les filles pleurent - la critique

Et les garçons dorment...

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- Durée : 1h30mn
- L’album

Malgré de beaux efforts sur le plan formel, ce premier film de l’actrice Judith Godrèche ne convainc qu’à moitié à cause d’un scénario trop répétitif et ennuyeux.

L’argument : Lucie croit qu’elle n’a pas d’âge. Pourtant, il serait temps qu’elle prenne sa vie en main. Lucie croit qu’elle n’a pas d’ambition. Pourtant son amour de la musique fait d’elle une belle chanteuse. Lucie croit qu’elle n’aura pas d’enfants. Pourtant un petit garçon la choisit pour mère.


Notre avis : Cela fait maintenant plusieurs années que l’actrice Judith Godrèche écrit des scénarios ou participe à l’écriture de ses rôles (notamment chez Jacques Doillon ou encore Benoît Jacquot), mais elle a attendu d’avoir davantage de maturité pour passer derrière la caméra pour la première fois. Avec ses nombreuses notations autobiographiques, Toutes les filles pleurent s’apparente à un drame romantique où une jeune femme doit apprendre à vivre avec son passé pour pouvoir enfin aller de l’avant. Dès le début du métrage, on est frappé par l’esthétisation des images et surtout de la bande-son. Avec une sensibilité à fleur de peau, Judith Godrèche dépeint avec un certain talent les obsessions d’une femme ayant connu l’abandon. A la recherche perpétuelle de sa mère disparue du jour au lendemain, l’héroïne vit dans un entre-deux, un monde bien à elle où elle se réfugie afin de se protéger de l’extérieur. Parfois à la lisière du fantastique avec ses brusques décalages sonores, la première demi-heure fascine grâce à un dispositif formel qui permet de dépasser la prosaïque réalité pour nous plonger dans un espace purement cinématographique.

Cette belle promesse ne tient malheureusement pas la route sur la totalité du métrage. Faute d’une évolution suffisamment rapide des personnages, Judith Godrèche noie son propos dans des séquences de plus en plus inutiles, perdant sur la durée cette grâce qui émanait des premières séquences. Les atermoiements et autres hésitations de son personnage finissent par lasser et même ennuyer. Dès lors, la projection semble interminable, avant de s’achever par une prise de décision du personnage largement prévisible. Si l’actrice est très à l’aise dans ce rôle nostalgique, on est moins convaincu par Eric Elmosnino, nettement moins bon que dans Gainsbourg (sans doute à cause d’un personnage bien moins intéressant). Par contre, les chansons de Julien Doré collent bien à l’univers poétique et enfantin d’un film qui est donc plein de promesses, cette fois-ci non tenues. Avec une écriture plus structurée, Judith Godrèche gagnera à coup sûr son pari la fois prochaine, car elle montre un vrai tempérament de cinéaste.

- L’album

Virgile Dumez

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