Durée : 1h45mn
Titre original : Trapeze
Des couleurs resplendissantes, une esthétique chatoyante et des stars au firmament de leur talent compensent un scénario banal et totalement prévisible.
L’argument : Un ancien trapéziste, blessé lors d’une chute, accepte de remonter sur un trapèze pour enseigner à un jeune homme le triple saut.
Notre avis : Projet intégralement initié par Burt Lancaster et sa compagnie de production, Trapèze (1956) est l’adaptation d’un petit roman se déroulant dans l’univers du cirque, milieu que connait bien la star, issu lui-même de ce monde d’acrobates et, comme le personnage principal, blessé au point de devoir changer de profession et de s’orienter vers la comédie. Il est très facile de voir à travers l’histoire de Trapèze le propre vécu de l’acteur qui apparaît donc comme le véritable maître d’œuvre du métrage. Impressionné par Le troisième homme (1949) de l’Anglais Carol Reed et désireux de tourner l’intégralité du film en Europe, Lancaster décide d’engager le célèbre réalisateur et s’entoure d’une équipe internationale ambitieuse : le chef opérateur australien Robert Krasker, fidèle collaborateur de Reed, des décorateurs italiens, des assistants français et la présence au casting de la pulpeuse Gina Lollobridgida.
A l’aide d’un confortable budget de 4 millions de dollars, les auteurs ont bénéficié d’un splendide cinémascope embelli par l’utilisation du Technicolor. Autant dire que Trapèze est un véritable régal pour les yeux tant les images sont étincellantes. Malheureusement, l’histoire très mélodramatique dans sa construction est bien moins convaincante. Ce triangle amoureux doublé d’une rivalité entre artistes est convenu et brasse les clichés sans jamais prendre le moindre recul par rapport à ce qu’il montre. D’un premier degré assez affligeant, le script est donc uniquement sauvé par le brio de la réalisation, l’exceptionnelle tenue des numéros de cirque, ainsi que l’excellente prestation de tous les acteurs : Gina Lollobridgida brille de mille feux dans ce rôle de femme arriviste et briseuse d’amitié, tandis que Burt Lancaster donne toute son épaisseur brute à ce personnage intéreurement brisé (on notera qu’il a réalisé lui-même bon nombre de ses cascades, ce qui est une performance non négligeable). En l’état, ce très gros succès commercial des années 50 se regarde toujours avec plaisir malgré son aspect kitsch indéniable.
Le DVD

Une superbe édition d’un beau film en Technicolor.
Les suppléments
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Outre la bande-annonce d’époque en version originale, une galerie photo inutile et une filmographie fixe de Carol Reed, l’éditeur nous propose un entretien de treize minutes avec Christian Viviani qui revient de manière succinte sur la création du métrage, les difficultés du tournage, ainsi que sa réception positive par le public de l’époque. Intéressant, mais un peu court quand même.
Image
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Dans les limites actuelles du support, Trapèze peut aisément faire partie des modèles du genre. Avec ses couleurs pimpantes, sa définition précise et sa copie immaculée (seules quelques rayures transparentes apparaissent à deux-trois moments), la restauration de ce très vieux film est tout simplement exemplaire. Un grand bravo.
Son
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Deux monos efficaces sont présentés ici : si l’on préfère évidemment la version originale, plus naturelle, la vieille piste française est tout à fait correcte.