Underground

Les Palmes d’or

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- Durée : 2h47mn

PALME D’OR, Cannes 1995

L’argument : L’histoire de la Yougoslavie d’une guerre à une autre, de 1941 à 1991, avec, pour point de départ, les années de mensonge pendant lesquelles un homme a fait croire à des réfugiés planqués dans sa cave que la Deuxième Guerre mondiale n’était pas encore terminée...

Coup d’œil : Bien sûr, certains éléments d’Underground manquent d’objectivité. D’accord, Kusturicaa fait quelques écarts avec l’histoire, facilitant les reproches de complaisance envers les Serbes adressés par certains intellectuels qui n’en demandaient pas tant (Alain Finkielkraut signant même un brûlot dans Le Monde... sans avoir vu le film comme on l’apprendra ensuite). Oui, le réalisateur regrette le temps d’avant, le temps de la Yougoslavie, le temps d’un pays disparu à jamais, émietté par les canons des hommes. Nostalgique, Kusturica. Pro-serbe, non. Voilà pour la politique. Place au cinéma. Place à cette histoire folle inspirée d’une pièce de théâtre, dans laquelle un margoulin garde prisonniers dans sa cave des hommes se cachant d’une guerre terminée depuis longtemps et les exploite pour s’enrichir. Mensonge, manipulation : le réalisateur va exploiter ce thème pour raconter cinquante ans d’histoire de son pays, enfermé lui aussi tout au fond d’un trou par la connerie des hommes. Un sujet grave pour un film baroque, outrancier, burlesque, onirique, Kusturica réussissant, plus que dans ses autres films encore, à faire rire et pleurer en même temps.

Frédéric Mairy


Biographie

Emir Kusturica

Un cinéaste qui porte en lui les contrastes d’une terre déchirée.

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