Durée : 1h11mn
Titre original : Ikenie Fujin
Interdit aux moins de 16 ans
Du pur cinéma d’exploitation à situer entre l’art-et-essai peaufiné et l’avatar réussi d’un genre un peu nauséabond et scabreux.
L’argument : Akiko divorce de son époux Kumisada qu’elle accuse de sévices. Contraint de mener une vie clandestine pour échapper aux investigations de la police, celui-ci réapparaît trois ans plus tard dans la ville où réside Akiko, lui passe au doigt une alliance reliée à une chaîne, l’oblige à le suivre dans une vieille maison forestière abandonnée puis la soumet à ses fantasmes les plus extrêmes.
Notre avis : Alors que le Japon des années 70 se révèle friand des pinku eiga, des petites collations érotiques parfaitement déculottées, le cinéaste Masaru Konuma se fait connaître pour son goût prononcé pour les romans pornos S.M. à base de romance extrêmes et d’érotisme sadomasochiste. En 74, Fleur secrète, ressorti en France en 2008, place la barre plutôt haut dans sa filmographie, sublimant d’un parfum de scandale des situations assez comiques où une femme objet et une femme manipulatrice se retrouvent annexées aux fantasmes de domination scabreux de deux mâles (un riche époux fait enlever son épouse récalcitrante pour qu’elle soit soumise à une éducation sexuelle humiliante par l’un de ses employés et sa mère).
Un an plus tard, Konuma reprend ce fantasme machiste de l’enlèvement de l’épouse à dompter dans A wife to be sacrificed, toujours avec la téméraire Naomi Tani, devenue actrice cul(te) du cinéaste. Cette fois-ci le mari est un pédophile recherché par la police, qui, après trois ans d’absence, kidnappe sa dulcinée pour la soumettre à des jeux de voyeurisme à forte tendance scatologique, loin de tous, dans une forêt écrasante. Comme toujours le scénario répond à une quasi unité de lieu et à une restriction narrative qui colle au format court du film (1h10). La simplicité du script n’en demeure pas moins en décalage avec l’élaboration complexe de la réalisation, qui joue des angles et du 35mm pour élaborer une mise en scène érotique d’une belle efficacité, en particulier quand il s’agit de dissimuler les parties intimes de la femme ou quand pointent les excréments qui fascinent tant le protagoniste voyeur.
En cours de film, après quelques scènes d’humiliation et un viol de l’épouse par des chasseurs rustres, l’action rebondit avec l’incursion dans la trame d’un couple d’amoureux en proie aux idées noires d’un suicide collectif. Capturés par le mari satyre et souillés par ses noirs desseins (détruire l’innocence de leur amour), ces deux jeunes gens apportent alors la sensualité de leur jeunesse à un film un peu mature dans ses démonstrations érotiques, ravivant ainsi la flamme du spectateur peu scrupuleux dans ses fantasmes honteux. Outrageusement phallocrate dans son accomplissement - la femme captive brûle de la douleur que lui inflige son maître de mari -, le film magistralement réalisé, avec des séquences d’une beauté impressionnante, laisse une impression mitigée pour peu que l’on ne soit pas un forcené de ce genre de pratique.
Le DVD

Proposé dans un coffret avec un autre érotique de Konuma, La vie secrète de madame Yoshino.
Les suppléments
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Répartis sur les deux films du coffret Collection romans érotiques vol. 1, les suppléments consistent en 3 interviews. Sur le DVD de Mme Yoshima, on trouve un entretien de 15 minutes avec le cinéaste qui revient sur ses études, son inspiration française, le sadomasochisme, le sexe et la jouissance, le tatouage et son actrice fétiche, Naomi Tani. Intéressant pour peu que l’on s’intéresse à ce cinéaste décalé et méconnu.
Sur le disque de Une femme à sacrifier, l’éditeur nous gratifie d’un entretien de 13 minutes avec l’ancienne star érotique Naomi Tani, qui revient sur sa carrière S.M. avec beaucoup de pudeur et de recul, et d’une brève présentation de 5 minutes du cinéaste par le réalisateur de Ring, Hideo Nakata.
Image & son
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Une belle édition, vu l’âge du film - plus de 30 ans, tout de même. Visuellement, les couleurs écarlates donnent de l’incarnation aux images dont le seul défaut, assez mineur au final, demeure le piqué. Une piste VOSTF mono nous est proposée. Elle est de bonne facture malgré l’étouffement des dialogues, qui demeurent cependant tout à fait audibles.