Délire ubuesque à Dubaï et ses environs désertiques. Ce road movie de l’errance est une expérience déconcertante, pas toujours aboutie, mais souvent amusante.
L’argument : Vincent est installé dans la ville mirage de Dubaï. Sa femme, Livia, a disparu sans laisser de traces. Elle est peut-être partie avec un autre homme. Vincent décide d’aller à sa recherche. Sur un parking, il fait la rencontre d’une jeune femme éplorée, qui s’est donnée une étrange mission. Ensemble, ils entament un périple sur les routes de l’émirat, entre ville et désert, au gré d’étapes où se confondent rêve et réalité.
Notre avis : Après le triomphe de L’arnacoeur, Vanessa Paradis aurait pu dire oui à des projets de divertissement populaire pharaoniques, mais la "divine" actrice a préféré brouiller les pistes en apportant toute sa confiance à un projet d’art et essai minuscule de budget, totalement déroutant dans sa construction narrative, qui déstabilisera ses fans les plus aveugles.
Perdue dans l’immensité de Dubaï et le désert qui encercle la cité de l’absurde, la comédienne n’a même pas le premier rôle de Dubaï Flamingo, puisqu’il s’agit d’un film farfelu sur le couple, celui de Sergi Lopez et de Florence Thomassin. Pourtant, tel un électron libre, elle donne toute sa fantaisie au deuxième long métrage de la photographe Delphine Kreuter, une oeuvre d’hallucinations collectives totalement fascinée par les structures irréelles d’une ville à la conception douteuse.
La réalisatrice ose l’humour du non-sens et balade Sergi Lopez, complètement déboussolé, à la recherche d’une épouse qu’il ne reconnaît plus, en dehors des palaces d’une ville symbole, aux côtés d’une Paradis qui travaille du chapeau. La suite de séquences est dépaysante et grotesque. On y croise même, tel un mirage, Isabelle Huppert en chèvre, qui converse avec Sergi Lopez. De quoi nous faire perdre tous nos repères dans un monde où la seule unité semble être l’argent dont le personnage principal en rupture se débarrasse dans un élan de liberté.
Des libertés, la cinéaste de 57.000 km entre nous et tout son casting quatre étoiles en prennent des tas. Plus peut-être que ce que notre bonne volonté et notre compréhension nous permettent de tolérer. Au mieux, Dubaï Flamingo apparaît comme une expérience surréaliste amusante, au pire comme la démission du bon sens. Dans tous les cas, il vaut mieux y être préparé à l’avance.