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Amer - la critique

The Giallo experiment

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Note moyenne des internautes :

Un hommage au giallo qui s’apparente au final plus à un film d’auteur expérimental à la Grandrieux qu’au cinéma de genre d’Argento. Fascinant ou ennuyeux ? Un peu tout ça à la fois.

L’argument : Ana est confrontée à la peur et au désir à trois moments clefs de sa vie. Un voyage charnel entre réalité et fantasmes oppressants où plaisir et douleur s’entrecroisent.

Notre avis : La satisfaction des premières scènes est grande. Un cinémascope prometteur, des notes de musiques familières d’une époque ritale resplendissante (des emprunts faits à Morricone, Nicolai et Cipriani), des tics visuels de Fulci ou d’Argento, et évidemment de Leone (gros plans sur les yeux, le montage donne parfois volontairement dans le faux raccord)... Toute l’esthétique qui faisait le charme du cinéma de genre transalpin se retrouve sublimée par la nostalgie insensée d’Amer, le premier long de Hélène Cattet et Bruno Forzani, des passionnés cultivés qui connaissent leurs classiques sur le bout de la langue.
Copyright Zootrope Films En jouant la carte de l’intrigue absconse (absurde ?), les deux complices valorisent les décors et l’ambiance au détriment du récit, qui connaît de toute façon la même épure que les dialogues, rares et finalement inutiles.
Les auteurs nous invitent à suivre une jeune fille qui se livre, à trois moments de son existence (l’enfance, l’adolescence, l’adulte), à des fantaisies morbides. Des intrusions biographiques qui la lient à la majestueuse demeure tombale de ses parents. Dans les non-dits, le spectateur ne peut que se livrer à l’interprétation, alors que s’impose à lui une étrange obsession pour la sensation. Un frisson de mort omniprésent. Un vertige artistique de chaque instant. Une douce sensualité perverse doublée de l’effroyable angoisse qu’inocule le danger. Les deux cinéastes soignent chaque plan, photographié, cadré et monté pour susciter des plaisirs paradoxaux. La fascination se mêle indéniablement à la peur qui, elle-même, se mue en vapeurs soporifiques. Après tout, là est bien le risque de pareille expérimentation cinématographique. L’on se perd autant dans les méandres mentaux de ses auteurs, délires d’esthètes et d’amoureux de pelloches, que dans une certaine forme de prétention artistique un peu élististe.
Copyright Zootrope Films Au final, Amer, avec ses formules expérimentales à la Grandrieux (absence partielle de dialogue, travail de photographie et de cadrage abyssal), risque bien plus de dérouter que de charmer. Mais avec autant de talent mis en place, on ne peut qu’applaudir cette démarche extrême que même les gialli, pourtant souvent fantasques dans leur réalisation, intuitifs et virtuoses, n’approchent pas autant dans la dématérialisation du récit. Donc avertissement aux amateurs qui pourraient bien être surpris par cet hommage qui sait prendre ses distances pour se singulariser.

Frédéric Mignard


Les avis des internautes

 

Amer - la critique

Par ’Boo’Radley

Concept hommage au giallo où sont repris les maniérismes qui firent la renommée de ses petits maîtres, Mario Bava et Dario Argento : constance d’un climat étrange, angles de vue tarabiscotés, surcharge musicale (placage de thèmes écrits par Bruno Nicolai, Morricone, Cipriani), utilisation sadique de l’arme blanche (scène impressionnante où la lame s’approche d’un oeil en très gros plan), délire baroque, débauche d’effets clinquants. Expérience sensorielle à laquelle les auteurs ont délibérément omis d’adjoindre une histoire, "Amer" ressemble trop à un (...)

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