logo avoir-alire
 Rechercher sur avoir-alire  
 Accueil > Les réalisateurs > L > Leone, Sergio > Il était une fois la révolution - la critique

lundi 17 mai 2010

  Poncho Villa

Il était une fois la révolution - la critique

 

 

Faux western et vraie fresque historique et lyrique, Il était une fois la révolution est sans doute le film le plus sombre, le plus violent de Sergio Leone. Une puissance visuelle inouïe au service d’une vision désenchantée de la politique.

L’argument : Mexique, 1913. Enrôlé par John dans le braquage d’une banque plus riche en prisonniers qu’en or, Juan, un "peone", est pris dans une révolution dont il deviendra, bien malgré lui, un héros...

Notre avis : Considéré comme le deuxième volet de la célèbre trilogie des ’’Il était une fois’’ (après Il était une fois dans l’Ouest en 1969 et bien avant Il était une fois en Amérique en 1984), Il était une fois la révolution est un chef d’œuvre, où Sergio Leone sonde à nouveau un fragment de la mythologie américaine à travers un prisme romanesque. Doté de moyens colossaux qui lui permettent d’exprimer pleinement sa vision de cinéaste, Leone, à l’image d’un David Lean, réalise des films de plus en plus énormes, de plus en plus ambitieux, de plus en plus baroques. Difficile d’imaginer aujourd’hui Il était une fois la révolution sans ses cadrages sophistiqués en plan-séquence, ses décors gigantesques, ses morceaux de bravoure toujours imprimés au fond de notre rétine (l’explosion d’un pont de pierre en plein désert, le massacre de masse des révolutionnaires par l’armée mexicaine dans une gare, l’attaque finale du train). Pourtant, le film a bien failli ne jamais voir le jour comme nous le connaissons, soumis à divers querelles, problèmes et retards, aussi bien sur le tournage (différends entre Sergio Leone et Rod Steiger) que lors de sa sortie (confusions autour du titre, montages alternatifs qui trahissent l’esprit du film). Il est d’ailleurs impératif de (re)voir Il était une fois la révolution dans sa version originale, celle voulue par Leone, plutôt que celle sortie aux Etats-Unis en 1971, qui gomme odieusement la dimension politique et ambiguë du métrage en supprimant des scènes cruciales (tel le célèbre flash-back final en Irlande). Une version restaurée du film, restituant le ’’vrai’’ montage avec fidélité, est sortie en dvd en avril 2005.
Au début du projet, Sergio Leone ne souhaitait pas réaliser Il était une fois la révolution, car il considérait en avoir fini avec sa période ’’western’’. Le début du film respecte les codes du genre, montrant une classique attaque de diligence par une famille de pilleurs, baignée dans un style et dans un humour sardonique très leoniens. Le réalisateur confirme aussi son goût pour les duos improbables : le mexicain Juan, bandit haut en couleur aux préoccupations terre-à-terre, s’allie avec l’irlandais John Mallory, ancien membre de l’IRA en fuite, expert en dynamite et calculateur malin, pour attaquer une banque. Face aux épreuves et à la tourmente de la révolution, leur association houleuse se transforme en poignante amitié, magnifiée par l’interprétation formidable de Rod Steiger, plus subtile qu’il n’y paraît, et de James Coburn. Mais malgré cette apparente fidélité aux repères du western, Il était une fois la révolution bifurque vite vers un tout autre genre, celui d’une fresque historique proprement démesurée. Leone, avec une ironie mordante, traite un thème qui l’aura accompagné tout au long de son œuvre : celle de la fin d’un monde. La fin du temps des cow-boys et des bandits flamboyants, balayés par la marche de l’Histoire, dépassés par de nouveaux enjeux : les banques ne sont plus remplies d’or, mais de prisonniers politiques prêts à reprendre les armes, comme le découvre, héberlué, le pauvre Juan lors d’une scène monstrueusement drôle ! Le bandit individualiste et illettré devient ainsi un héros de la Révolution mexicaine... à son insu.
Dans ce film férocement désenchanté qui s’ouvre sur une citation de Mao Tsé-Toung (pas étonnant que le long-métrage ait été si controversé lors de sa sortie), Leone démonte l’idéal de la révolution, en montrant qu’il n’entraîne que la mort et l’échec. Toute révolution semble se construire sur la manipulation des masses par quelques intellectuels plus malins qu’eux (c’est ainsi que Juan est berné par John Mallory, l’indépendantiste lettré et cynique), et n’aboutit qu’à un massacre de masse. La trahison, incarnée par le personnage ambivalent du docteur Villega, et la force de frappe des gouvernements tyranniques achèvent de tuer tout idéal dans l’œuf. C’est le constat amer que délivre Sergio Leone, qui semble avoir perdu foi en toute politique. Plus qu’une fresque puissante, traversée par un humour subversif et des références explosives à la "sale" Histoire (du Mexique, de l’Allemagne, des Etats-Unis, de l’Italie...), Il était une fois la Révolution devient le drame de deux hommes mêlés malgré eux au destin collectif, le requiem déchirant de tout idéal révolutionnaire voué à l’échec, immortalisés par les visions oniriques d’un paradis perdu (les flash-back dans la vie passée de John Mallory, dans les vertes contrées irlandaises) et par les accents lyriques de la musique d’Ennio Morricone (l’inoubliable "Sean, Sean, Sean"). Grandiose.





   L'AVIS DES INTERNAUTES

  • Proposer votre avis
  •  
    s'inscrire   Devenir membre  
    Connexion   Se connecter  
     
    Newsletter :  

    A l'affiche cette semaine
    Toutes les sorties de la semaine



     



    Paris Première
    Rechercher les séances de ce film avec 
     
     

    Liens sponsorisés


    Vos articles préférés cinéma
    Twilight chapitre 2 : tentation (New Moon) - les affiches - Justin Bieber chante avec Jaden Smith pour Karaté Kid - Karaté Kid (2010) : le reboot d’une franchise culte des années 80 - Le premier qui l’a dit - la critique - Sexe, mensonges et vidéo - La critique - Sexy dance 2 - la critique - Bondage - la critique + test DVD - Twelve - bande-annonce du nouveau Schumacher - Christopher Nolan embrase IMDB - American pie 7, les sex commandements - la critique + test DVD - The Last Day - la critique + le test DVD - Box-office : Twilight 2 ou Twilight 3 ? - Phénomènes paranormaux - la critique - Inception - la critique - Le bruit des glaçons - Quand Dujardin rencontre Dupontel - L’oiseau bonheur - la critique - Le dernier maître de l’air - La critique - L’American Idiot de Green Day adapté au cinéma - L’âge de raison - le clip avec les premières images du film - Le temps des porte-plumes - Le dernier maître de l’air (the last airbender) ou le grand retour de M. Night Shyamalan ? - Comme chiens et chats, la revanche de Kitty Galore - la critique - American history X - Salt - la critique - Plan B - la critique - Woody Allen : La filmographie complète - Night and day - la critique - Lady Gaga, un 8ème single sans clip - Desierto adentro - la critique - L’éclair noir - le premier super-héros soviétique -
    Les derniers films du ciné club
    Macao, l’enfer du jeu - la critique - Madame porte la culotte - la critique - Citizen Kane - la critique - Femmes marquées - la critique - Meurtres sous contrôle - la critique - Elle et lui - la critique - Hold-up à la milanaise - la critique + test DVD - Abattoir 5 - la critique - La femme du dimanche - la critique - A cheval sur le tigre - la critique + test DVD - Au-delà du réel - la critique - Compartiment tueurs - la critique - Planète interdite - la critique - On achève bien les chevaux - La critique - Piranhas - la critique - Confidence - la critique - Voyage sans retour - La cible humaine - la critique - La porte de l’enfer - Le tonnerre de Dieu - la critique - Un acte d’amour - la critique - Viens chez moi, j’habite chez une copine - la critique - Les longs manteaux - la critique - Poussière d’ange - la critique - Rue barbare - la critique - All the boys love Mandy Lane - la critique pour - Aliens vs. Predator : requiem - Alien vs Predator - la critique - Predator - la critique - Marisa la civetta - La critique -
    Les films cultes de la rédaction
    Citizen Kane - la critique - Abattoir 5 - la critique - The collector - le test blu-ray + DVD - Planète interdite - la critique - Dans les griffes de la Hammer - la critique - The collector - la critique - Le port de l’angoisse - la critique - La chevauchée des bannis - la critique + test DVD - The Devil and Daniel Webster (tous les biens de la terre) - la critique + test DVD - Tetro - le test DVD - Les moissons du ciel - la critique - Monty Python, La vie de Brian - la critique - Subway - la critique - Marquis - la critique - Les derniers jours du monde - le test DVD - Le grand bleu - la critique - Supervixens - la critique - La sorcellerie à travers les âges - la critique - Tokyo eyes - Freddy 1 - Les griffes de la nuit - la critique - Le parrain - La carnaval des âmes (Carnival of souls) - le test DVD - Canine - la critique + test DVD - Les dimanches de Ville d’Avray - la critique - The Brown Bunny - le test DVD - Edward aux mains d’argent - la critique - La campagne de Cicéron - The descent - le test blu-ray - L’enfer pour miss Jones (Devil in Miss Jones) - la critique + test DVD - Amer - la critique -

    Accueil   | mini-sites  | partenaires  | l'équipe  |     
    Tous droits réservés aVoir-aLire.com 2001-2005
    aVoir-aLire est réalisé grâce au système de publication SPIP- Hébergement nexenservices.com - Agence Web RECIPROK
    Conformément à la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés,
    le site www.avoir-alire.com est enregistré à la CNIL sous le numéro : 1033111.

    Liens partenaires : Cinéma et DVD - Bedeo.fr : bande dessinée - BD - Festival Angoulême 2009 - Achat DVD - Annonces gratuites pour les enfants - Courts-métrages en VOD et DVD - oeil-ecran.com - Toute l'actu TV - Vente parfum en ligne