John McLane revient, plus vieux, plus fatigué mais plus drôle et plus fort que jamais. Léger, rythmé en diable, explosif, une merveille de film d’action digne d’une saga trois étoiles.
L’argument : Une attaque sur les infrastructures informatiques des Etats-Unis va engendrer un début de chaos dans le pays tout entier. Le mystérieux pirate a prévu le moindre détail de son plan numérique, mais n’imaginait pas qu’un grain de sable "analogique" pourrait dérégler la machine : John McClane.
Notre avis : On ne la fait pas à une franchise comme Die hard. A voir redémarrer ce monument du film d’action old school à l’heure de la baston numérique et des Transformers, on se demandait ce qu’allait devenir les aventures du vieillissant John McClane, de moins en moins chevelu et de plus en plus bedonnant. Le résultat met à terre tous les doutes. Cette quatrième livraison est une merveille de divertissement, qui, après un démarrage légèrement poussif (à peine dix minutes), s’emballe progressivement jusqu’à des sommets d’action rarement atteints.
La bonne idée des scénaristes, c’est d’avoir potassé les anciens épisodes et d’avoir gardé ce qui s’y fait de mieux. Le troisième est clairement pris pour modèle, puisqu’on retrouve au centre de l’intrigue un duo, Bruce Willis étant cette fois-ci associé au jeune Justin Long (découvert dans Jeepers Creepers), parfait en hacker surdoué. Pas aussi convaincante que le couple Samuel L. Jackson/Bruce Willis, la paire marche néanmoins avec des ressorts similaires. La différence, c’est l’âge. C’est là la seconde bonne idée de Die hard 4, quasi nécessaire avec son héros vieillissant : faire de McClane un type dépassé par notre époque, analogique quand tout est numérique, incapable de gérer sa paternité, un type qui va malgré tout cela mettre à mal une machination informatique hypercomplexe.
Ce choc entre le style old school de McClane et la haute technologie des méchants est un régal, et rarement le superflic de New York n’aura envoyé autant de vannes à la minute. A chaque virus, il répond par une baffe. Et en matière de baffe, Die hard 4 est , encore une fois, un régal. Rarement Willis n’aura autant encaissé. Renversé par une voiture, jeté de plusieurs mètres de haut, tabassé, à demi brûlé, son calvaire, qu’il prend en rigolant, en dit long sur le sérieux d’une œuvre entièrement tournée vers le spectaculaire et le délire improbable. Quasi incassable, McClane se relève à tous les coups, faisant de la concurrence à Jack Bauer. Le commun des mortels serait mort vingt fois (c’est d’ailleurs au bas mot le nombre de méchants qu’il estourbit) que John se tiendrait debout.
La capacité à encaisser de McClane reflète aussi la qualité de l’action de ce quatrième volet. Les deux heures vingt s’envolent en une fraction de seconde dès l’instant où les salauds de l’histoire (des Français !) remeublent à la sulfateuse l’appartement de Justin Long, hacker trop encombrant. La suite en met plein les dents : fusillades, explosions incroyables (comme détruire un hélicoptère avec une voiture), cascades, bastons énormes (le duel Willis/Maggie Q est une merveille), et une séquence finale historique dont il faut taire l’apothéose tellement elle est incroyable. Le tout sans jamais perdre le sens de l’humour. Bref, tous ceux qui aiment le grand spectacle et le cinéma d’action en resteront cloués à leurs fauteuils...
Le DVD
Oublions l’édition simple pour le collector deux disques absolument jouissif.
Les suppléments
Les fans de la saga se précipiteront sur l’édition deux disques, d’une richesse en bonus étonnante. Le premier disque propose le film et quatre scènes supplémentaires (insignifiantes, il est vrai. ). La deuxième galette, débarrassée des featurettes qui plombent ce genre d’édition collector, offre des suppléments substantiels, pour les vrais aficionados de la série. Un making-of de 1h40 nous propose une vision en profondeur de tous les aspects de la production du film. Chacun y va de son enthousiasme, de son jeune cinéaste, absolument mordu de la série, aux acteurs et à l’équipe technique. Cascades, effets spéciaux, score... Tout est passé au crible avec exigence et déférence.
Dans un autre module, sans prise de tête, Kevin Smith interviewe Bruce Willis, visiblement descendu de son piédestal, au bas d’un escalier, sur la saga des Die hard. Humble et totalement geek, cet entretien de 20 minutes vaut également le détour. Un petit reportage sympa pour Fox Movie Channel (6 minutes) plus tard, l’on retrouve deux extras sur l’informatique, l’un sur les hackers et l’autre sur le cyberterrorisme par les mêmes intervenants (près de 19 minutes de didactisme bien peu avenantes au total). Ce ne sont pas les meilleurs moments de la galette. Plus sympa en revanche est la visite guidée du plateau par Justin Long. Certes, c’est assez vain, mais cela remplit sans aucune prétention 7 minutes bien sympathiques.
Image & son
L’image est superbe. Elle est délicieusement colorée dans ses scènes d’extérieur et d’une froideur glaçante dans certaines scènes d’intérieur. Très high-tech, elle est profonde et précise, et sied magnifiquement au support numérique, enterrant de très loin la copie proposée en salle.
Le son est quant à lui intraitable. La version française 5.1 DTS est un régal sonore en tout genre. Elle déploie les voix des personnages au milieu d’une cacophonie d’effets absolument assourdissante. Difficile après cela de retourner au 5.1 anglais ou français qui pâtissent d’une plus grande retenue. Vraiment dommage que l’éditeur n’ait pas inclus une piste VO DTS. Il s’agit là de l’unique faux-pas de cette édition percutante.