logo avoir-alire
 Rechercher sur avoir-alire  
 Accueil > Les réalisateurs > K > Klotz, Nicolas > La question humaine

mardi 11 septembre 2007

  L’armée des ombres

La question humaine

 


 

L'avis des internautes (1 avis -  - Moyenne :  )

1 avis

Admirable de densité, le nouveau film de Nicolas Klotz entend montrer le capitalisme dans ce qu’il a de plus insidieux. Courageux et insensé.

L’argument : Paris, de nos jours : Simon, 40 ans, travaille comme psychologue au département des ressources humaines de la SC Farb, complexe pétrochimique, filiale d’une multinationale allemande, où il est plus particulièrement chargé de la sélection du personnel. Un jour Karl Rose, le co-directeur de la SC Farb demande à Simon de faire une enquête confidentielle sur le directeur général Mathias Jüst, de dresser un rapport sur son état mental.

Notre avis : A peine le film commencé que tout semble déjà joué. Amalric trimballe sa silhouette de jeune cadre aseptisé dans les couloirs, d’une beauté glaciale, de la SC Farb. Sa société, celle qui l’emploie. Veste noire et chemise blanche, l’armée des ombres est en marche. Il semblerait donc que Nicolas Klotz soit bien décidé à nous refaire le coup de l’aliénation des sociétés industrielles qui, de Dilinger est mort au Désert rouge, est un inépuisable terreau d’inspiration pour le cinéma d’auteur européen. La danse de la mort engagée, tout se déroule pour le mieux. Et puis le basculement a lieu, imperceptible. D’un discours efficace mais balisé sur le monde de l’entreprise (tendance "ton univers impitoyable"), La question humaine nous emmène beaucoup plus loin, en un de ces voyages cinématographiques dont on ne ressort pas tout à fait indemne. À l’image du système qu’il dénonce, le récit agit comme une mécanique de précision, à la fois implacable et discutable. La blessure, déjà, tirait sa force de cette rigueur théorique, cette éthique de la mise en scène qui exige que chaque plan, chaque déplacement, chaque détail soit réfléchi à l’avance. Une conscience de filmer, et de ce que ça implique, qui fait toute la différence entre le cinéma de poche, sorte d’artisanat fragile qu’il sont encore une poignée de cinéastes à pratiquer en France, et la production industrielle. Quand la machine fictionnelle se détraque, c’est l’imminence d’une catastrophe, omniprésente, qui semble planer sur les personnages. Sans doute le spectre de l’Histoire qui, tout à coup, contamine un Amalric de plus en plus lucide, de plus en plus faible. De plus en plus humain l’ex-petit soldat de la SC Farb dont les seuls moments de réconfort semblent être auprès de sa petite amie, une Laetitia Spigarelli éthérée. "Les amants réguliers" ou "la naissance de l’amour", on hésite entre les termes. Tout ce qu’on sait c’est qu’elle nous évoque les héroïnes de Garrel, jeunes filles irréelles dont elle à la "sauvage innocence". Chaque gros plan sur elle semble une capsule d’éternité. Une seule scène parvient à atteindre cette (sur)charge émotionnelle : Londsale (royal en vieux vampire fatigué du monde des affaires) et Amalric y écoutent un enregistrement, dans une ambiance spectrale Le morceau ? La jeune fille et la mort de Schubert, sommet mélancolique. Quand le désespoir le plus profond laisse percer une beauté parfaite.
La mort, elle, se matérialise par la tragédie de la Shoah qui, sans crier gare, s’immisce dans le film pour tout dévorer. Jusqu’à ce moment où notre héros récite, de sa voix blanche, une note technique de 1942 décrivant comment améliorer le rendement de camions destinés à gazer ses passagers juifs. Cette note, on se le rappelle, clôturait irrémédiablement la première partie de Shoah, le documentaire-somme de Claude Lanzmann. Tout un symbole. Le message est clair : nazisme ou capitalisme, le procédé est identique. Rationaliser et segmenter à l’extrême, pour ne jamais avoir à nommer ce que l’on fait. Ne pas appeler un homme un homme. Une "unité", à la rigueur.





   L'AVIS DES INTERNAUTES

  • Proposer votre avis
  • (Il y a 1 avis actuellement)

    Norman06
     
    s'inscrire   Devenir membre  
    Connexion   Se connecter  
     
    Newsletter :  

    A l'affiche cette semaine
    Toutes les sorties de la semaine



     



    Paris Première
    Rechercher les séances de ce film avec 
     
     



    Vos articles préférés cinéma
    Sexy Dance 3 the Battle 3D - la critique et les photos - Camp rock 2 (le face à face) - la critique - Piranha 3D - la critique - Karaté Kid (2010) : le reboot d’une franchise culte des années 80 - Sexy dance 2 - la critique - Justin Bieber chante avec Jaden Smith pour Karaté Kid - Sexe, mensonges et vidéo - La critique - Weirdsville - la critique + test DVD - Pauline et François - la critique - American pie 7, les sex commandements - la critique + test DVD - 800 Fantasy Lane - la critique + le test DVD - Burlesque - Christina Aguilera comédienne - James Cameron critique Piranha 3D - Le dernier exorcisme (the last exorcism) - la critique - L’American Idiot de Green Day adapté au cinéma - Le bruit des glaçons - la critique - MacGruber - Saturday Night Live au cinéma - Be Bad - la critique - Opération 1max2ciné : tous les jeunes au ciné le samedi - Salt - la critique - Ce que je veux de plus - La critique - Piranha - extrait ultra gore ! - Le premier qui l’a dit - la critique - Submarino - la critique - Survival of the dead - la sortie DVD et Blu-ray française - 67e Mostra de Venise : du 1er au 11 septembre - Oncle Boonmee (celui qui se souvient de ses vies antérieures) - la critique - Twilight chapitre 2 : tentation (New Moon) - les affiches - Super Blonde - La famille Jones - La critique -
    Les derniers films du ciné club
    La chambre verte - Fantômas (1964) - la critique - La menace - la critique + test DVD - Les mots bleus -la critique - La balance - la critique - Der Stolz der Firma (L’orgueil de la firme) - la critique - Fräulein Piccolo (Mademoiselle Piccolo) - la critique - L’insoumise - la critique - Roi, dame, valet - La critique - L’animal - la critique - Le corps de mon ennemi - la critique - Le mort-vivant - la critique - L’homme du sud - Ca c’est passé à Rome - La critique - The changeling (l’enfant du diable) - la critique - Les jeunes maris - la critique - Le cercle rouge - la critique - Point limite zéro - la critique - La révolte des morts-vivants - la critique - Who’s that girl ? - la critique - Manhattan - la critique - Rambo - la critique - Cobra - la critique - La 36ème chambre de Shaolin - la critique - Inspecteur Lavardin - la critique - Shaolin contre ninja - la critique + test DVD - Le ninja blanc - la critique - Solo pour une blonde - La critique - Alone in the dark (1982) - la critique - Shanghai Surprise - la critique -
    Les films cultes de la rédaction
    Piranha 3D - la critique - Malpertuis - la critique - Point limite zéro - la critique - La révolte des morts-vivants - la critique - La 36ème chambre de Shaolin - la critique - Avril brisé - la critique - Deranged - la critique - New-York 1997 - la critique - Le miroir - la critique + test DVD - Caligula, version intégrale - la critique - Ken Park - la critique - Wolfman, director’s cut - Que vaut-il ? - Blood feast - la critique - L’horrible docteur Orlof - la critique - Citizen Kane - la critique - Abattoir 5 - la critique - The collector - le test blu-ray + DVD - Planète interdite - la critique - Dans les griffes de la Hammer - la critique - The collector - la critique - Le port de l’angoisse - la critique - La chevauchée des bannis - la critique + test DVD - The Devil and Daniel Webster (tous les biens de la terre) - la critique + test DVD - Tetro - le test DVD - Les moissons du ciel - la critique - Monty Python, La vie de Brian - la critique - Subway - la critique - Marquis - la critique - Les derniers jours du monde - le test DVD - Le grand bleu - la critique -

    Accueil   | mini-sites  | partenaires  | l'équipe  |     
    Tous droits réservés aVoir-aLire.com 2001-2005
    aVoir-aLire est réalisé grâce au système de publication SPIP- Hébergement nexenservices.com - Agence Web RECIPROK
    Conformément à la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés,
    le site www.avoir-alire.com est enregistré à la CNIL sous le numéro : 1033111.

    Liens partenaires : Cinéma et DVD - Bedeo.fr : bande dessinée - BD - Festival Angoulême 2009 - Achat DVD - Annonces gratuites pour les enfants - Courts-métrages en VOD et DVD - oeil-ecran.com - Toute l'actu TV - Vente parfum en ligne