Durée : 1h50mn
PALME D’OR, Cannes 1967
Questionner ce que l’on voit. Une réflexion percutante sur le regard et l’image.
L’argument : Londres. Un jeune photographe de mode branché et blasé photographie à son insu un couple dans un jardin public. En développant et en agrandissant le cliché, il découvre la trace d’un meurtre et réapprend à questionner son art : que voit-il ?
Notre avis : Voilà un protagoniste hors du commun ! Un régal pour mener une réflexion sur le cinéma, ses vertus et ses apories... Car ce jeune artiste ne voit plus rien à force d’instrumentaliser ce qu’il regarde en vue de le photographier (les mannequins par exemple). Le prisme qu’offre son objectif ne suffit plus à aiguiser son regard. Sa découverte sur le cliché pris dans le parc ébranle ses certitudes, pose le problème de son aptitude à questionner ce qu’il voit.
Construit comme une minutieuse enquête, Blow up est une invitation : écarquillez les yeux comme David Hemmings et regardez. Mais l’agrandissement ne donne plus à voir que des contours incertains et, surtout, fait disparaître le sens. L’objet photographié ne dit plus rien. Muets, les objets ne donnent pas de prise, pas davantage que la belle Vanessa Redgrave, moins encore que le monde (le film s’achève sur la superbe pantomime d’une partie de tennis sans balle ni filet). En revanche, les images d’Antonioni parlent, avec une économie d’une rare et lente beauté. Et ne boudons pas notre plaisir : la musique d’Herbie Hancock est elle aussi remarquable.
Le cinéaste italien vient de s’éteindre, mais son œuvre marquée par les thèmes de la solitude, de l’errance et de l’"incommunicabilité" restera.
Par pich
Dans le swinging London des années 60, un photographe blasé s’aperçoit, en développant un instantané d’amoureux, qu’il a surpris une scène de meurtre en arrière-plan. L’intrigue de Blow-up s’éloigne très vite de la nouvelle de Julio Cortazar dont il est tiré. L’histoire n’est que prétexte à découvrir le Londres des années folles, où ont poussé les germes du psychédélisme et du rock. Kaléidoscope qui se déroule sous le regard las du regretté David Hemmings, le film nous offre une galerie de portraits colorés d’une période haute en couleurs, (...)