Huitième film en compétition officielle, Amour permet à Haneke d’entrer dans le club très sélect des "double-palmés". Mérité !
L’argument : Georges et Anne sont octogénaires, ce sont des gens cultivés, professeurs de musique à la retraite. Leur fille, également musicienne, vit à l’étranger avec sa famille. Un jour, Anne est victime d’une petite attaque cérébrale. Lorsqu’elle sort de l’hôpital et revient chez elle, elle est paralysée d’un côté. L’amour qui unit ce vieux couple va être mis à rude épreuve.
Notre avis : À l’orée de la soixante-dizaine (lorsqu’il tournait le film), Michael Haneke semblerait-il s’être assagi ? C’est ce que laisse supposer ce nouvel opus succédant au Ruban blanc, Palme d’Or 2009 indiscutable et courageuse puisque Isabelle Huppert exerçait alors la fonction de Présidente du jury. On la retrouve justement dans ce qui constitue déjà sa troisième collaboration avec le "maître d’œuvre" autrichien. Comme l’indique le générique introductif, il s’agit davantage d’une participation (amicale !), dès lors que Amour repose sur les épaules tout à la fois fragiles (physiquement) et solides (au vu de leur grand âge) du couple formé à l’écran par Emmanuelle Riva et Jean-Louis Trintignant absolument bouleversant de vérité (et le mot est faible). Pour mener à exécution ce projet dont il est aussi le scénariste, le souci principal de Haneke consiste à dégoter un duo de comédiens d’octogénaires doté d’une générosité incommensurable pour mettre à nu des sentiments aussi profonds et universels que l’acceptation de la vieillesse, de la solitude et de la mort (salvatrice) en fin de parcours.
Atteignant une maîtrise totale de son art qui force l’admiration, Haneke se renouvelle en explorant le terrain de l’amour auquel il ne nous avait pas habitués jusqu’ici. Dès l’entame de Amour, l’épilogue tragique éclate tel un coup de semonce en plein visage du spectateur ébahi devant une déstructuration du récit aussi audacieuse que brillante. A Cannes, le nouveau métrage de Haneke a surclassé la concurrence directe. Déjà détenteur d’une Palme d’Or, d’un Prix de la mise en scène (pour Caché en 2005), et d’un Grand prix du jury (pour La pianiste en 2001), également double Prix d’interprétation (pour Isabelle Huppert et Benoît Magimel), Haneke n’a pas volé avec Amour sa 2e palme tant ce film nous apparaît aujourd’hui comme son chef-d’œuvre.

A l’image d’Isabelle Huppert se plantant sèchement un poignard dans la poitrine dans La pianiste, l’œuvre d’Haneke frappe au cœur.
Par roger w
Une oeuvre pesante qui nous confronte tous à notre finitude. Les deux heures passent vite, mais plombent vraiment par une ambiance mortifère. C’est effectivement un chef d’oeuvre qui atteint souvent la puissance de Bergman. De là à dire qu’on le reverra fréquemment...
Par Terrence Baelen
Il est évident qu’Amour est un des meilleurs films de l’année. Rien à ajouter...