Toute la rage de l’adolescence dans le film de super-héros ultime qui vaudra toujours mieux que tous les reboots de Spider-man. A ne pas manquer.
L’argument : Après avoir été en contact avec une mystérieuse substance, trois lycéens se découvrent des super-pouvoirs. La chronique de leur vie qu’ils tenaient sur les réseaux sociaux n’a désormais plus rien d’ordinaire… D’abord tentés d’utiliser leurs nouveaux pouvoirs pour jouer des tours à leurs proches, ils vont vite prendre la mesure de ce qui leur est possible. Leurs fabuleuses aptitudes les entraînent chaque jour un peu plus au-delà de tout ce qu’ils auraient pu imaginer. Leur sentiment de puissance et d’immortalité va rapidement les pousser à s’interroger sur les limites qu’ils doivent s’imposer… ou pas !
Notre avis : Premier long métrage d’un jeune réalisateur de 26 ans qui s’était fait remarquer sur Youtube avec son court inspiré par Star Wars, Stabbing at Leia’s 22nd Birthday, Chronicle est indéniablement la bonne surprise qu’on espérait plus dans le domaine du film de super-héros et du teen movie.
En adoptant l’approche ultra-réaliste du documenteur où les protagonistes filment eux-mêmes les évènements relatés dans le métrage, Josh Trank et son scénariste Max Landis expriment toute la force émotionnelle de l’adolescence, en proie à ses vertiges ou aux étiquettes de cour de récréation, à ses doutes, ses problèmes radicaux avec les parents et au mal-être qui ronge les individus en cours de construction.
En conférant à trois jeunes aux profils assez différents des pouvoirs de super héros (oui, oui, avec la possibilité de voler ou encore de mouvoir les choses à distance), les deux compères nous offrent le reboot de Spider-man dont on a toujours rêvé. Plonger l’individu lambda dans une situation extraordinaire avec un tel réalisme psychologique (et visuel) que l’empathie pour les protagonistes est immédiate.
Loin des dernières productions de found footage à deux balles comme Apollo 18, Chronicle a certes été tourné dans le cadre d’un budget rigoureux (l’intrigue se déroule à Seattle, mais le tournage a eu lieu en Afrique du Sud !), pourtant cette bonne surprise puise aussi toute sa force dans l’intégrité des effets spéciaux qui sont utilisés à bon escient. Tout d’abord avec l’humour de trois potes qui se découvrent le pouvoir de facétie ultime (les blagues potaches dans le supermarché où ils s’amusent à utiliser leur pouvoir contre la clientèle ). Puis pour des séquences d’entraînement où le trio apprend à gérer cette puissance inimaginable. Cela va consolider leurs relations au-delà de ce que la réalité pouvait leur permettre, puisque l’un des trois ados, mal dans sa peau étant un looser, un laissé-pour-compte du campus, victime en plus d’une situation familiale désespérante, quand les deux autres sont plutôt populaires, l’un sportif et symbole de l’établissement scolaire, l’autre pseudo intello philosophe tombeur de lycéennes. Dans cette reconstitution de la famille autour des valeurs de l’amitié et de l’entre-aide, on assiste à de superbes scènes, qui impressionnent dans la complicité et la puissance émotionnelle qui s’en dégage, notamment lors des séquences de vol, entre foudre et avion de ligne, où les péripéties ne sont pas sans danger pour de nouveaux immortels finalement bien faillibles.
Alors que couvent pendant tout le métrage un sentiment d’imprévisibilité et une noirceur tempétueuse due à la situation psychologique du protagoniste principal qui décide de filmer chaque instant de sa vie de victime, l’inévitable basculement vers la force obscure et la soif légitime et irrépressible de vengeance du "super anti héros" va secouer les 20 dernières minutes qui sont un véritable festival de destructions massives dignes d’un blockbuster à très gros budget. On assiste peu à peu à la genèse d’un monstre, dont les actes sont dictés par des circonstances tellement humaines qu’on en ressort bousculé par l’intensité des enjeux et l’inéluctable tragédie.
Ces chroniques adolescentes tellement universelles nous conduisent vers un paroxysme au gré d’un rollercoaster d’émotions qu’on n’est pas prêt d’oublier. Bref, le teen movie ultime, célébré par un joli succès public aux States qu’on aimerait bien voir se répéter en France.

Dans la vague du found-footage (qui n’a rien produit de potable depuis "Cloverfield"), ce "Chronicle" fait la différence grâce à un usage justifié de son procédé. La caméra y est un outil de témoignage pour exister dans une vie sans pitié, traçant le portrait (plutôt juste et émouvant) d’une adolescence gâchée. Avec la caution du surnaturel et du héros mal dans sa peau, on lorgne même vers le "Carrie" de Brian de Palma... L’appréhension des super-pouvoirs comme un jeu giga-fun donne lieu à de premières scènes savoureuses. Ça se gâte dans la deuxième partie, plus (...)
Par roger w
Même si on en a marre des found footage, il faut reconnaître à ce Chronicle de grandes qualités, notamment dans sa volonté de traiter des problèmes adolescents sous un angle rarement vu auparavant. Certes, certains effets spéciaux sentent le moisi, mais on est totalement capté par le drame humain qui se joue devant nos yeux. Ce concentré de douleurs adolescentes est donc une oeuvre qu’il ne faut pas négliger, par-delà son aspect phénomène de (...)