Durée : 1h58mn
Une comédie souvent drôle, mais entièrement gâchée par vingt dernières minutes calamiteuses.
L’argument : A tout juste quarante ans, Cal Weaver mène une vie de rêve - bonne situation, belle maison, enfants formidables et mariage parfait avec sa petite amie du lycée. Mais lorsqu’il apprend que sa femme, Emily, le trompe et demande le divorce, sa vie « parfaite » s’écroule. Pire, dans le monde des célibataires d’aujourd’hui, Cal, qui n’a plus dragué depuis des lustres, se révèle un modèle d’anti séduction. Passant désormais ses soirées à bouder tout seul au bar du coin, l’infortuné Cal est pris en main comme complice et protégé d’un séduisant trentenaire, Jacob Palmer. Pour l’aider à oublier sa femme et à commencer une nouvelle vie, Jacob tente de faire découvrir à Cal les nombreuses perspectives qui s’offrent à lui : femmes en quête d’aventures, soirées arrosées entre copains et un chic supérieur à la moyenne.
Cal et Emily ne sont pas les seuls en quête d’amour : le fils de Cal, Robbie, 13 ans, est fou de sa babysitter de 17 ans, Jessica, laquelle a jeté son dévolu...sur Cal ! Et en dépit de la transformation de Cal et de ses nombreuses nouvelles conquêtes, la seule chose qu’il ne peut changer reste son coeur, qui semble toujours le ramener à son point de départ.

Notre avis : Le dernier effort du duo qui nous avait offert la production hollywoodienne la plus gay de ces 5 dernières années (I love you Philip Morris démarre avec le ton d’une comédie indépendante. La musique et la qualité de certains plans veulent créer l’illusion d’une proximité avec la sensibilité du cinéma à la Sundance (Juno et consorts). On y croit alors beaucoup. Steve Carell relativement sobre, est quand même accompagné par Julianne Moore au jeu toujours teinté d’émotion, Ryan Gosling et Emma Stone. La suite est une avalanche de gags qui fonctionnent, très commerciaux, certes, mais aussi très efficaces, typiques d’une romance sexy où les protagonistes s’encanaillent pour surmonter une déception amoureuse.
Le quadra Carell, trompé par sa femme, lui accorde le divorce et tombe dans les habitudes de bars à célibataires branchouilles où un tombeur le prend en main pour lui faire trouver le chemin de l’entre-cuisse des femmes. Il passe d’une seule femme (la sienne) en 40 ans d’existence à 9 poulettes passées dans son lit ! Les gags sont au rendez-vous, et on soulignera la participation au délire de Marisa Tomei en prof frustrée et alcoolique.
Evidemment, on sent se profiler l’inévitable évolution du scénario vers un conservatisme de convention : les aventures d’un soir ne remplacent pas un foyer aimant avec femme et enfants. Aussi, forcément, le monsieur relooké par l’expert en séduction joué par Ryan Gosling, est malheureux et va développer un stratagème pour retrouver son épouse (Moore). Quant au pote beau gosse, imbu de son sex-appeal, il finira lui-même par changer et révéler ses blessures profondes au contact d’une beauté sincère et pas garce pour deux sous (Emma Stone, en jeune fille bien élevée au sourire ravageur)...
Ces circonvolutions prévisibles d’une certaine romcom made in Hollywood, sans prise de risque, ne nous auraient pas dérangés outre mesure si les auteurs avaient su garder le même ton, celui de la bonne humeur savamment dosée ou de l’insolence assumée. Pourtant, à vingt minutes de la fin, Crazy stupid love dérape. L’esprit devient celui d’un pur vaudeville avec rebondissements crétins et une apothéose en forme de quiproquo général ! L’humour en prend pour son grade : on ne rit plus. Mais c’est surtout à la suite de cette réunion du casting que cela dégénère vraiment. Les derniers instants, gênants, parmi ceux capables de gâcher intégralement l’heure trente de bon divertissement, nous assènent un coup final avec déclarations soporifiques, en public s’il vous plaît, pour retrouver épouse et dignité aux yeux des enfants et des voisins. Là, c’en est trop pour nous, on fuit dès la première ligne du générique de fin.

Par Jujulcactus
Le synopsis sans originalité de « Crazy, stupid, love » peut laisser perplexe et faire croire à une énième comédie romantique sans consistance, pourtant sans renier son côté divertissement, le film tire son épingle du jeu. Les réalisateurs de « I love you Philipp Morris » partent de lieux communs, la crise de la quarantaine, le don Juan qui trouve enfin la fille de ses rêves, l’impossible histoire d’amour d’un adolescent, (...) pour ensuite se les approprier. La qualité d’écriture surprend, il y a beaucoup d’idées, des rebondissements, un dosage entre le (...)