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Dans la tourmente - la critique

Ma grande entreprise

Note moyenne des internautes :

Dix ans après l’impressionnant Les diables, Christophe Ruggia revient avec un thriller social mitigé, mais pas inintéressant.

L’argument : Dans la région de Marseille, un patron prépare à l’insu de ses ouvriers la délocalisation de son usine, couplée d’un détournement de 2 millions d’euros. Franck, l’un de ses salariés l’apprend et, sans en parler à sa femme Hélène, décide avec Max, son ami de toujours, de passer à l’action...

Notre avis : D’abord on va râler contre l’affiche. C’est quoi cette horreur ? Une danse tsigane avec Mathilde Seigner tout sourire pour vendre un polar politique d’extrême gauche désespéré ?
Film gaucho où le travailleur est exsangue, piégé par sa condition de cocu, Dans la tourmente est un cri de désespoir de la force ouvrière, bernée par les puissances mondialistes. Dans un climat de paranoïa et de rébellion (braquage sanglant d’un côté, manifestations contre la fermeture illégale de l’autre), Christophe Ruggia resserre l’étau sur un échantillon d’ouvriers représentatifs du climat actuel. Le réalisateur des Diables (l’un des meilleurs films français des années 2000, tout simplement, déjà plein de bruit et de fureur), absent depuis 10 ans, également auteur du Gone du Chabaa, ne manque ni d’idées ni de positions dans son troisième film, en 13 ans. Avec un oeil d’artiste qui assoit les paysages industriels et autres déchetteries désenchantées, battues par les vents de nuit, au coeur de son intrigue, la tourmente s’éprend très vite du spectateur alors que les trois protagonistes (Clovis Cornillac, Mathilde Seigner et Yvan Attal) se déchirent et s’entraident, avec une fidèlité d’amitié ou de couple, et un esprit de camaraderie, dans le besoin et le désespoir. On aime voir cette force qui unit les travailleurs qui jamais ne cherchent à se trahir ou à se désunir, face à un obstacle auquel seul l’union collective saura répondre.
Malheureusement, la dernière partie convainc moins. Même si la réalisation, soudainement plus solaire, dans une région de Marseille ouverte à l’immensité abrupte des Calanques, est toujours puissante et s’assure de moments intenses, on reste moins attentif aux rebondissements politiques. La paranoïa digne d’un thriller américain prend soudainement le dessus alors que résonne l’écho des "affaires", celles qui nourrissent la suspicion des Français depuis trop longtemps maintenant au gré des Unes de nos quotidiens.
Au final, Ruggia, cinéaste tempétueux, qui ne cerne jamais l’humain aussi bien que quand celui-ci se sent pris au piège, évoque sûrement trop de choses. L’endettement et l’angoisse sociale des classes ouvrières auraient été déjà un sujet formidable sur tout un film. A vouloir trop en dire, cet auteur formidable n’a réussi à faire qu’un film mitigé, à mille lieues de sa force de persuasion potentielle.

Frédéric Mignard

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Les avis des internautes

 

Dans la tourmente - la critique

Par roger w

Le postulat social n’est ici qu’un prétexte à tourner un film de casse. D’abord réussi, le film s’enlise dans la dernière demi-heure avec une histoire d’espionnage peu crédible. Dès lors, on s’ennuie ferme. Dommage car Yvan Attal est formidable.

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